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Gouvernance - Humain - Management - Culture - Considération - Respect - Care

People & Poetry

Édito — il y a 7 mois

Temps de lecture: 3 minutes

Authentique bienveillance ou human washing ?

Qu’est ce qu’être humain ? Qu’est-ce que l’humain dans l’entreprise ? Je suis saisie d’un étrange malaise, car partout la littérature de l’humain occupe l’espace ; mais, la réalité dessine sa toile à travers les maux des salariés que l’on cautérise avec des programmes de lutte contre toutes les conséquences de l’entropie des entreprises, à l’exception des causes. Alors, comment véritablement aller mieux ? 

1

Respect 

Récemment, un dirigeant m’a parlé d’amour pour me parler de l’entreprise. Il m’a dit simplement qu’il aimait ses équipes et qu’elles le lui rendaient bien. Il a posé le mot, comme cela, simplement, avec une vraie force tranquille. 

Pendant tout notre échange, il m’a donné des preuves d’amour, des raisons de croire ; il n’a pas simplement exprimé un propos facile et convenu, car politiquement correct et furieusement tendance. Non, il a raconté ce lien de confiance qui les unit ; il a fait le récit d’une franche solidarité humaine de personnes qui s’écoutent, se regardent, s’entendent, s’entraident, se questionnent et s’amusent, en étant sincèrement et farouchement au service des autres. 

C’était émouvant d’être assise en face d’un authentique homme qui me parlait de la fragilité des choses, de la force de la chaîne d’individus qui ont quelque chose en partage, tout en reconnaissant la vulnérabilité de l’humain. 

C’était une rencontre particulière qui célébrait la singularité des êtres, sans chercher à les changer, mais en souhaitant améliorer intelligemment le collectif, car chacun, à travers son expérience, a la capacité d’augmenter la puissance du groupe, et donc le leadership de l’entreprise. 

C’était un moment d’enchantement, car il est si rare d’entendre quelqu’un parler de ses doutes, de ses non-certitudes, de certaines de ses convictions, tout en restant à l’écoute des autres. 

C’était beau d’entendre cet être sensible admettre aussi ses limites et heureux d’apprendre de l’autre. C’était une ode à la connexion humaine, sans toutefois se départir de son courage brut à faire les choses et à changer ce qu’il n’aime pas. 

2

Care 

Il racontait comment l’attention et la délicatesse du quotidien améliore la santé des uns et des autres. Il parlait de cette douceur rassurante qui s’incarne dans l’empathie ; cette spontanéité avec laquelle, chacun va aller vers l’autre, dans un geste d’inclusion. C’est assez facile lorsque l’autre n’est pas si différent de soi-même, car il y a une ressemblance socio-culturelle, académique ou autre ; ce n’est pas compliqué quand le sentiment d’appartenance est partagé et que la proximité se noue, comme une évidence. Le vrai défi est d’avoir ce même geste, ce coeur ouvert avec ceux qui sont éloignés de nos propres repères : les dissemblables qui ont une histoire différente et une expérience à transmettre. Le vrai courage est alors d’accueillir l’autre, sans idée reçue et avec ouverture. C’est à cette seule condition que brusquement, chacun prend conscience du trésor de la diversité et des points communs qui existent sous la première couche de peinture. Le partage était au coeur de sa manière de raconter son équipe.   

Je l’écoutais se mettre à nu, sans fard, sans vernis et je le trouvais bien plus fort que tous ceux qui se racontent des histoires et se drapent dans un faux-self, un bouclier narcissique pour se sentir exister, respecter et dominer les autres. C’était apaisant d’entendre un chef, un dirigeant, un numéro 1, parler de ses propres vulnérabilités, sans se sentir affaibli par elles ; et, c’est là une vraie marque de confiance en soi et dans l’autre ; cette manière de comprendre et de faire partager qu’il faut être conscient de soi-même pour être conscient des autres et, être juste, sur la bonne tonalité humaine.  

3

Utile 

Il parlait également de l’utilité des personnes et des actes : ne pas gaspiller le temps mais agir, pour créer un impact, réparer quelque chose, être au service des autres. 

ll balayait d’un revers de la main et avec une absolue fermeté les simulacres qui déconstruisent le sens de l’entreprise pour se concentrer sur ce qui la grandit ; il se focalisait sur les fondations de l’entreprise, la clarté de sa mission et la conscience de chacun de son rôle. Il était fier de ses équipes, de dire comme elles étaient responsables et mieux encore ; il veillait à bien préciser que la liberté des salariés ne les défaussait pas de leurs responsabilités, au contraire. Il donnait des exemples précis sur l’art du dialogue de son organisation et soulignait comment, pour avancer, ils osaient mutuellement parler de tout, dans le respect et la bienveillance. 

Il parlait du courage à affronter la vérité de la réalité pour favoriser des réflexions saines et progressistes. 

Il est conscient d’être un dirigeant atypique, précieux et heureux. Et, à le regarder, à l’observer, à l’écouter, j’ai senti l’amour qui était au coeur de cette maison et je me suis dit : c’est cela être humain. 

Sur le chemin du retour, dans le train, j’ai gardé pendant longtemps un grand sourire car cette rencontre m’avait fait du bien. C’était la preuve qu’une entreprise peut être profondément et authentiquement humaine, avec humilité, tout en cultivant une ambition forte. Voilà une entreprise qui, sans bruit, connait une belle croissance, sans souffrance humaine. 

Alors, j’invite à la prudence car trop d’entreprises se maquillent et portent le masque de l’humain sans en comprendre la profondeur. Arriver à ce niveau-là exige un lâcher-prise, une humilité et une considération pour l’autre qui ne peut être factice. Dans cette entreprise, pas de baby-foot, de yoga, d’exhibition sur les réseaux sociaux et caetera. Il n’y a rien à réparer, pas de maux, juste des nouvelles choses à explorer, à inventer, pour continuer de grandir ensemble.  

Indéniablement, l’humain est la poésie des entreprises.

                                                                                                                                                                    À DP.

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Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Aussi l’excellence n’est-elle pas un acte mais une habitude.

Aristote