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8 mars - Journée internationale des droits des femmes - Egalité - Pouvoir - Once upon a time - Féminisme -

Once upon a time

Édito — il y a 4 mois

Et si nous changions de scénario ?

Amos avant Martin Luther King a dit : ❛ Que le droit jaillisse comme les eaux, et la justice comme un torrent intarissable. ❜ Cette citation vaut pour toutes les inégalités. Ce 8 mars, encore, nous allons célébrer les femmes dans le monde entier et prendre le temps de souligner toutes les avancées, mais ce n’est pas suffisant. 

L’égalité boite, les progrès sont lents, même si un grand nombre de personnes ont l’air de s’enorgueillir des petits pas. 

Le problème est que cet enjeu devrait être, en 2021, hors sujet. Il y a d’innombrables études qui pointent du doigt les vertus de la diversité, notamment de la mixité. Plus personne ne doute de ces faits car la plupart des dirigeants sont des pères, des maris et/ou parfois des frères. Nul doute que ces hommes reconnaissent le talent et le potentiel des membres féminins de leur famille. 

Alors pourquoi, en sommes-nous encore là ? Sans doute que les responsabilités sont plurielles et partagées. Les hommes bien-sûr ne conçoivent par la galanterie au niveau du pouvoir. Il n’est donc pas question qu’ils se montrent compréhensifs, au point de passer leur tour pour faire honneur aux dames. Nous devons donc apprendre à nous positionner avec confiance, férocité et sans ambiguïté. 

Nous ne devons pas attendre l’instauration de quotas pour sortir du bois. Nous devons assumer notre envie de diriger, sans que notre féminité ne soit un handicap. Et la bataille commence à l’école ; l’institution scolaire doit tourner le dos aux enseignements sexistes et caricaturaux qui laissent entendre aux femmes qu’elles ne sont pas légitimes à exercer des fonctions à forte responsabilité. Cela passe par le récit des histoires, de l’Histoire et des personnes érigées en exemple pour illustrer des faits, des évènements, des innovations, des révolutions, des ruptures. 

L’école doit faire sa part et les parents aussi. Ce sujet est plus difficile à appréhender car il faut encore et déjà lutter contre le déterminisme des parents qui peuvent, selon leur milieu social, ériger et transmettre à leur progéniture des frontières étroites et genrées. 

Ensuite, les entreprises doivent redémarrer le compteur du recrutement et des carrières pour construire une nouvelle lecture des compétences et de l’ambition. Les dirigeants, les ressources humaines et les managers doivent apprendre à regarder le potentiel d’une personne par-delà le genre. Les comités de carrière doivent juste pivoter et changer de regard pour installer une nouvelle culture d’entreprise : la compétence à égalité, fondement même de la méritocratie. Le féminin ne doit plus être un malus. Seules les réalisations professionnelles et les aptitudes  doivent être évaluées et sanctionnées favorablement ou défavorablement. 

Bien-sûr l’espace public, notamment les publicités, doit cesser de créer des distorsions d’intelligence, d’ambition et de représentation à la faveur des hommes. Chacun, homme ou femme, est un sujet capacitaire qui ne peut plus être nié. 

Enfin, le plus gros du travail vient de nous. Le doute est nécessaire, sauf quand il devient incapacitant. Nous devons apprendre à mieux croire en nous ; nous pouvons continuer de sourire, mais nous devons cesser de patienter ; nous devons apprendre à nous positionner avec détermination dans nos foyers pour mieux réussir à le faire également en entreprise. Nous devons refuser l’assignation domestique ; nous sommes de plus en plus éduquées ; nous devons apprendre à négocier nos salaires, sans gêne ; nous devons assumer nos ambitions, sans rougir ; nous devons apprendre à nous connaître et à oser dire non ; nous devons refuser le privilège de la précarité ; nous devons arbitrer nos choix et piloter nos aspirations comme le font les adultes. Nous sommes adultes, nous sommes majeures et capables ; nous devons faire entendre nos voix ; nous ne devons plus attendre la permission pour penser, affirmer, revendiquer ; nous ne devons pas nous excuser de nous affirmer égales car nous sommes précisément l’égal de l’homme. 

Nous devons être la locomotive d’un reboot mondial ; nous devons repartir à 0, en partant du postulat que nous valons autant que l’autre moitié du monde. C’est une décision, une posture, une action, un droit, Nous pouvons redémarrer l’histoire en disant « Once upon a time » ou alors « il était une fois »… 

… "Yes, we can", car oui, nous pouvons changer de scénario. 

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Nicole Degbo 

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