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8 mars - Journée internationale des droits des femmes - Egalité - Empowerment - Pouvoir - Féminisme - Parité - Confiance - Habitudes - Auto-apitoiement -

8 mars, Journée internationale des femmes

Un jour sans fin

Édito — il y a 8 mois

❛L'imagination est plus importante que le savoir.❜ Albert Einstein

100 ans de luttes plus tard

Je suis au regret de constater que la journée internationale de la femme est un jour sans fin. Les prémisses de ce mouvement ont démarré en 1909 ; les choses se sont ensuite structurées le 19 mars 1911, à l’initiative des États-Unis, d’une femme plus exactement. 

Cela fait donc plus de cent ans que cette histoire prospère ; les femmes se sont émancipées de manière inégale à travers le monde ; mais, est-ce satisfaisant pour autant ? 

Certes, en France, nous avons conquis le droit de vote en 1944, l’IVG en 1975, le 8 mars en 1982, puis, peu à peu investi des métiers dits d’homme tels que pilote d’essai, etc. Mais finalement, nos progrès sont lents. La parité est encore et toujours un sujet dans notre pays. Nous comptons, depuis peu, trois femmes au CAC 40 (Christel Heydemann, DG fraîchement nommée du Groupe Orange, Estelle Brachlianoff chez Véolia et Catherine MacGregor chez Engie) ; 14 femmes occupent la fonction de Directrice Générale au SBF 120, dont 3 cumulant le rôle de P-DG ; grâce à la loi Copé-Zimmermann, jusqu’à 46% de femmes siègent dans les conseils d’administration du SBF 120 vs. 22% de femmes dans les comités exécutifs ; nous avons toujours 22,3% d’écart salarial et des métiers qui se déféminisent comme le secteur tech qui peine à séduire les femmes, en dépit de nombreuses opportunités proposées ; quant à l’entrepreneuriat, les femmes sont sous-représentées : 8% de fondatrices, pas de levées de fonds à plus de 50 millions d’euros chez les femmes, même s’il y a une légère augmentation de la mixité de l’équipe fondatrice (16%) ; de manière générale, les chiffres restent confinés : 19% de partners dans le private equity, 10% de data scientists, etc. 

Nous pourrions continuer d’égrener les chiffres à l’infini pour acter qu’il n’y a finalement pas grand chose à célébrer. Le progrès sur la question du genre boite, même si la parole se libère peu à peu, notamment sous l’influence de mouvements tels que « me too » et « black live matters » ; le pire est que les progrès réalisés ne sont pas des acquis : l’IVG recule dans certaines régions du monde dont les États-Unis ; pendant la pandémie, alors même qu’un grand nombre de femmes étaient en première ligne, occupées à exercer des métiers essentiels, la voix des hommes était significativement prépondérante dans les médias. 

Alors, où est le problème ? La loi est du côté des femmes depuis un moment déjà, mais la réalité reste indéniablement masculine et ce n’est pas la féminisation des mots qui va changer ce triste constat. Sommes-nous assurés d’utiliser les bons leviers pour craquer le sujet ? 

Convoquer notre imagination 

Parlons-nous assez des biais cognitifs et de l’auto-censure en premier lieu ? Évoquons-nous avec assez de force le poids des assignations socio-culturelles ? Donnons-nous la parole aux bonnes personnes ? Il est désormais courant de lire diverses interviews des femmes qui comptent à l’occasion de cette journée ; mais ne faudrait-il pas donner également ou même « à la place de » la parole aux autres ? Aux invisibles : celles qui n’arrivent pas à prendre une place à table ; celles qui ont peur ; celles qui abdiquent ; celles qui procrastinent ; celles qui se laissent découragées par le système ? Le sujet est-il de comprendre comment on fait celles qui y arrivent ou pourquoi celles qui le veulent ardemment n’y arrivent-elles pas ? 

La question semble avoir du sens car parmi celles qui ont réussi, il y a très souvent des dénominateurs communs : diplôme de niveau A, réseau d’influence, statut social CSP ++, entreprise familiale, etc. Cela n’enlève en rien la réussite de ces dames, dont la compétence ne fait plus aucun doute, mais cela facilite indéniablement l’ascension ; mais est-ce les seules à avoir le droit de frayer avec le pouvoir ? Notre succès ne serait-il pas de montrer au plus grand nombre comment jouer à ce passionnant, mais violent, jeu d’échecs que constitue celui de diriger ? Toutes les femmes n’auront pas l’épaisseur suffisante pour briguer les plus hautes fonctions de l’entreprise ou même de l’Etat, mais il n’est pas inutile de dire qu’à cet instant, le compte n’y est pas. Clairement, le genre est insuffisant, mais il ne peut pas être absent ; cela est un argument tout aussi insuffisant. 

Alors, faut-il libérer ou former les femmes ? Nous observons depuis plusieurs années la bizarrerie qui consiste à associer le mot formation au genre féminin, dès qu’il s’agit de distribuer des rôles de pouvoir ; et tranquillement, les femmes dans leur immense majorité laissent faire et s'habituent à cette étrange normalité ; comme si, en réalité, elles validaient le syndrome de l’imposteur qui leur est renvoyé. Le véritable sujet serait certainement plus d’ordre cognitif qu’en termes de compétences. Il y a quelque chose d’ordre mental à réveiller chez les femmes pour leur donner le courage et l’énergie d’y aller et d’arracher ce qu’elles veulent, comme le font les hommes, mais avec leurs règles à elles. 

Nous avons pris l’habitude d’être assez disciplinées et d’avancer pas à pas, en respectant précisément la théorie des petits pas ; sauf que le résultat est laborieux plus de 100 ans plus tard. Nous devons nous donner la permission d’inventer d’autres manières de déconstruire le système ; la loi et par capillarité les quotas sont nécessaires, mais insuffisants. 

Nous n’avons de cesse de réclamer notre dû ; mais, non seulement rien n’est acquis, mais rien ne doit arriver que nous n’aurons conquis à la force de notre intelligence et de notre combativité. Nous devons muter vers un état d’esprit de conquête articulé autour de solutions inédites et créatives. 

Nous devons sortir de notre fatalisme à accepter ce mouvement lent et lancinant ; nous devons sans doute changer de regard pour apprendre à voir nos angles morts ou ce que nous refusons de regarder et donc d’adresser.

Nous devons travailler sur la confiance : notre confiance en nous et notre confiance dans les bonnes personnes, celles qui sauront nous faire la courte-échelle, mais sans naïveté ; nous devons nous donner les moyens de nos ambitions et, pour cela, avant tout préalable, nous réconcilier avec le mot ambition ; nous devons apprendre à croire en nous, à aller de l’avant pour partir à l’assaut des possibles avec l’assurance qu’en dépit de la rugosité du chemin, le succès sera sur la route. 
 

Nicole Degbo

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La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer.

Aristote