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Société

L’humain avant le climat

Édito — il y a 8 mois

Et si nous commettions une erreur méthodologique ?

Depuis que Greta Thunberg a entraîné des millions d’adolescents à travers le monde pour réclamer aux dirigeants le droit d’avoir un meilleur monde en héritage, la planète s’est enflammée.

Ce sont d’abord des parents qui ne peuvent être que sensibles à la détresse, sinon l’angoisse, de leur enfants ; ce sont des politiques engagés depuis longtemps qui ont enfin le sentiment d’être entendus ; ce sont d’autres politiques convertis qui entendent que quelque chose doit changer et qui, a minima pour des raisons électoralistes, mettent le climat à l’agenda. Enfin, ce sont des dirigeants qui, quels que soient leurs engagements, comprennent que la machine est en train de se gripper et que désormais les consommateurs deviendront des censeurs féroces qui dénoncent ou saluent l’action des entreprises, réseaux sociaux à l’appui.

La planète fait donc la pluie et le beau temps, au milieu des contradictions de tous, y compris des jeunes qui sont souvent tiraillés entre leur éthique de consommateur et leurs ambitions de travailleur.

Les choses se mettent en place lentement car le monde de changera pas de paradigmes en un clin d’oeil ; les dirigeants économiques et politiques sont soumis à de multiples arbitrages très complexes pour maintenir les équilibres nécessaires à la marche du monde.

Peu d’acteurs sont prêts à un big-bang systémique ; en revanche, un grand nombre d’entre eux cherchent le big-bang créatif pour bouleverser nos modes de vie dans le sens d’un bien commun plébiscité par le plus grand nombre.

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Désordres humains

Cependant, sommes-nous sur le bon chemin ? Prenons-nous le sujet dans l’ordre ? Et si, en réalité, notre responsabilité commune était de mettre l’humain en priorité ? Et si, nous nous mobilisions avec la même énergie et les mêmes investissements pour résoudre les désordres humains du monde ?

Nous sommes face à une entropie humaine qui dure et prospère depuis si longtemps que nous nous sommes habitués à voir le monde ainsi. Nous n’avons jamais lutté avec férocité à résoudre les inégalités entre humains pour bâtir une nouvel ordre social où chacun aurait le sentiment d’avoir le droit de conquérir sa place.

Il ne s’agit pas de construire un système d’assistanat universel, mais de réformer en profondeur notre éducation pour donner à nouveau du crédit à l’égalité des chances ; nous pourrions également mener une véritable réflexion sur notre référentiel de valeurs statutaires qui enferment les gens dans des cases alors que la valeur des savoirs et précisément des statuts est à l’aube de grands bouleversements.

Les enjeux de diversité et de mixité ne devraient plus être un sujet ; il suffit de devoir convaincre la partie du monde qui a le pouvoir, que les autres méritent une place à table, à coup de chiffres qui attestent que la pluralité de tout est une richesse. C’est au fond une évidence que personne ne nie plus, à l’exception de quelques esprits archaïques et rétrogrades. Pourtant, le progrès boite.

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Une vie plus éthique

La digitalisation du monde est en marche et chaque entreprise devra trouver son modèle à l’intersection de l’humain et la machine. Dans un même temps, l’employabilité sera le défi du XXIe des salariés.

Il est probable que nous apprendrons naturellement à consommer différemment, moins mais mieux, sans nécessairement tomber dans le modèle de la décroissance. Nous pouvons chacun avoir une vie plus éthique, au bénéfice de la nature, mais à la condition que les citoyens voient satisfaits leurs besoins essentiels, à savoir physiologiques et de sécurité, mais ce n’est pas suffisant. Les individus ont également besoin d’estime et de croire dans la possibilité d’un accomplissement possible.

Ainsi, l’enjeu n’est pas de laisser penser que la nature n’est pas en danger, mais de changer d’angle et de se dire que peut-être que pour résoudre les désordres climatiques, encore faudrait-il que la majorité des gens soit moins «ressentimiste», moins désespérée, moins assignée ? Et, sans doute verrions-nous que les modèles économiques s’auto-réguleraient vers des schémas plus responsables ?

Les êtres humains sont ainsi faits : ils ont une préférence pour le présent, leur présent. Nos progrès sont condamnés à la lenteur, car les espoirs du plus grand nombre sont empêchés par le carambolage d’injonctions paradoxales qui dirigent le monde.

Le défi des dirigeants politiques et économiques du XXIè siècle est de mettre l’humain en priorité, pour que le reste suive et que nous puissions avoir des rêves vivants, réalisables et qui pourront tutoyer les sommets d’une grandeur collective. Peut-être devons-nous apprendre à penser que l’humain avant le climat, c’est déjà résoudre le défi climatique ? Et si nous avions là l’axe du changement que nous voulons tous ?

Nicole Degbo 

Article publié dans Les Echos, à lire ici.

 

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