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Mode - Transformation - Fashion - Silent luxury - Défilés - Modèle économique - Gouvernance -

Post-covid

Le grand remplacement

Édito — il y a 1 semaine

La mode est une histoire de cycles.

Je suis d’une époque où la mode reposait sur un triptyque : coudre ses vêtements ; acheter des fringues jetables ; plonger dans les dédales du luxe pour collectionner les pièces. 

Il était possible de choisir ou de mixer les modes de consommation selon les moyens disponibles. C’était la folle époque du sentier, la profusion de boutiques. 

La mode était facile ; tout fleurissait en 30 secondes et chacun trouvait sa propre interprétation de la mode. Les modes se sont succédées ; nous sommes passés de la grande mode de l’élasthanne, aux grandes jupes gipsy en soie, en passant par les culottes Petit Bateau et la cascade de marques puissantes ou naissantes : Converse, Levi’s, Chevignon, Bensimon, Kookaï, Naf-Naf, C&A, Comptoir des Cotonniers, Agnès B, Gap, Claudie Pierlot, Tara Jarmon et bien d’autres encore. Le luxe était luxe : confidentiel et inaccessible. C’était Yves-Saint Laurent, Armani, Valentino, Versace, Pucci, Azzaro, et même Paco Rabanne ; et déjà Dior, Chanel, Hermès.

Puis, peu à peu, les machines à coudre ont déserté ; d’autres marques sont apparues : H&M, Zara, Mango au milieu de la déroute des 3 Suisses et de La Redoute. 

C’était l’âge d’or de Zadig & Voltaire, d’APC, de Bombardier, des perfectos, des bombers ; les bibles de la mode étaient Elle, Marie-Claire et Vogue. Puis, nous avons découvert Vanessa Bruno, Isabel Marant, Bash, Maje, Sandro, les 50 nuances de denim et ses coupes de jean sans fin. C’était une autre époque ; c’était une belle époque. 

Depuis, les géants ont disparu : Saint-Laurent, Lagerfeld, Mc Queen ; les autres grands sont au repos ou en quarantaine : Phoebe Philo, John Galliano, Albert Elbaz et cætera. 

Aujourd’hui, la magie s’en est allée ; alors, que reste-t-il ? 

L’inventivité du sentier s’est envolée, un grand nombre de marques ont disparu ou sont en train de mourir ; après l’âge d’or des chaînes de magasins, c’est l’ère du digital et sans doute demain celle des magasins concepts. 

Il y avait Colette, puis plus rien. Nous sommes à un moment fondamental de redéfinition de la mode et du luxe. 

Les idées volent tous azimuts. C’est la génération Sézane qui fait la loi. On parle de mode de seconde main, de location de vêtements et d’accessoires ; on entend de nouveaux concepts émerger pour incarner le « silent luxury », soit une nouvelle proposition de valeur du luxe : proximité confidentialité, élégance, émotion, accessibilité inaccessible, exclusivité, personnalisation. 

L’ère de la fashion week majuscule et grandiose est révolue ; désormais, nous allons vers une combinatoire de shows, de films, de videos. C’est la sacralisation du motion pour nourrir le besoin de rapidité, d’immédiat, d’instantanéité, de récit universel et de globalisation de la demande dans un cadre sustainable.

C’est le désir d’un nouveau calendrier plus respectueux des rythmes humains et de la saisonnalité. Ce sont des designers qui rêvent d’une magie inscrite dans le réel pour mieux capturer et fidéliser une clientèle plus pragmatique, moins fidèle et zappeuse. 

Nous sommes en panne de style. Nous sommes à une vente aux enchères, dans la salle des ventes de l’imagination et la roulette tourne et nous entendons dans un tourbillon répété : « qui dit mieux ? » Oui, qui dit mieux car l’urgence est ici et maintenant. 

 

Nicole Degbo 

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La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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