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Droit à l'erreur - L'erreur en santé - santé - AP-HP - WIC2019

WIC 2019

Le génie de l'erreur

Édito — il y a 4 mois

"La vérité n’est qu’une erreur rectifiée." Gaston Bachelard

À l'attention des personnels de santé

1

Se tromper 

L’erreur est humaine. Chacun a pu entendre prononcer cette phrase dans son enfance, dans son cercle familial et/ou amical et même dans le cadre professionnel. Pourtant, il n’est pas rare de comprendre que certains métiers pardonnent moins l’erreur que d’autres ; certaines missions, au regard de leurs enjeux, financiers ou humains, exigent une sorte d’infaillibilité. Nous savons que c’est impossible et pourtant, de manière silencieuse, mais réelle, une pression constante s’inscrit dans le quotidien et crée une tension invisible, mais menaçante. Aussi, lorsque l’erreur survient, quelle qu’en soit la gravité, la première tentation est d’espérer que personne ne l’aura remarquée et le second réflexe est de la dissimuler. Cacher la faute, en espérant qu’elle ne nous salira pas ; enterrer la tâche en oubliant tout simplement que précisément l’erreur est humaine. Rien d’extraordinaire et en même temps, tout est là. 

Il s’agit d’accepter que se tromper est une expérience de l’humilité. Pour autant, il ne s’agit pas de chercher l’erreur, et encore moins de l’appréhender avec légèreté. Il s’agit d’acter le principe de notre vulnérabilité humaine pour ne pas se laisser ébranler par l’erreur mais, au contraire, la transformer en quelque chose d’autre. Sans la défier, il est acceptable d’admettre que la peur de l’erreur bride, sinon annihile l’audace. 

Or, certains métiers ont besoin d’audace. Soigner, sauver des vies répondent à des protocoles extrêmement rigoureux, mais dans certaines circonstances, c’est insuffisant. Certaines situations exceptionnelles exigent autre chose de vous ; elles vous imposent de faire des choix inhabituels, risqués même et parfois audacieux, car l’expérience augmentée de l’intuition murmurent d’y aller, pour réparer le patient, jusqu’à lui épargner la mort.

2

Décider 

La peur de l’erreur paralyse ou déshumanise avec la culture du secret, des secrets qui peuvent être répétés jusqu’à anesthésier la part d’humain, pour tenir, faire face et continuer de soigner. Mais, dans quelles conditions ? 

Le mieux est encore de se dire que l’erreur, c’est la liberté. La liberté de faire, d’entreprendre, d’essayer, de chercher, d’échouer pour enfin réussir un jour. 

L’erreur est un apprentissage ; l’erreur est une éducation. La réussite n’existe pas sans erreur. Aucun exceptionnel n’est possible sans erreur préalable ; c’est vrai pour la recherche médicale, les révolutions du soin, l’invention de nouveaux instruments de santé, etc. 

La force d’une erreur est de vouloir vous réduire à elle seule. Votre force est de vous en détacher. Il ne s’agit pas de la minimiser, mais de détacher la personne des faits pour penser l’erreur de manière rationnelle et si j’ose dire raisonnable. Ce n’est donc pas la défaite d’une personne, mais l’erreur d’une personne, dans un contexte précis ; c’est une situation d’échec ; c’est une action qui a échoué. 

Cette erreur peut être une faute ou pas, intentionnelle ou pas, vénielle ou mortelle. 

Votre responsabilité est de l’analyser froidement, mais objectivement pour la comprendre et ne pas la répéter. Votre intelligence est d’échanger avec les interlocuteurs utiles et pertinents pour prendre de la distance, décortiquer l’erreur et en partager les conclusions. Votre honneur est de réussir vos erreurs pour organiser l’apprentissage de tous. Et, cela ne fonctionne que si le ton est juste, adapté et le regard sur l’erreur proportionné.

Il convient donc de juger les actes et non les personnes ; ce qui se joue-là, c’est la confiance en vous, entre pairs, entre collègues. Ce qui se joue-là, c’est votre exemplarité, votre désir de découvrir le génie de l’erreur.  

3

S’éduquer 

Certains d’entre vous connaissent peut-être cette phrase de Thomas Edison, Fondateur de la General Electric : "Je n’ai pas échoué des milliers de fois, j’ai réussi des milliers de tentatives qui n’ont pas fonctionné." 

À l’évidence, l’erreur éduque, instruit, nourrit. Mais, ça ne fonctionne que si l’erreur est nommée et la dynamique de l’erreur déconstruite pour construire le chemin d’un succès à venir. 

Déconstruire, pour construire permet d’apprivoiser le sujet, de pondérer ce qui n’est pas grave et de nuancer ce qui peut l’être. S’agit-il d’une faute ? Si non, quels en sont les impacts ? Si oui, quel est l’amplitude de la faute ? L’échec est-il partiel ou total ? Les dommages sont-ils définitifs ou relatifs ? Dans les deux cas, l’erreur était-elle évitable ? 

Le génie de l’erreur est de fonctionner en mode découverte ; c’est accepter le principe du tâtonnement. C’est parfois donner le meilleur et échouer ; mais, c’est refuser de se laisser abattre et donc de recommencer ; répéter le geste jusqu’à la bonne équation et en attendant, commettre des erreurs qui se ressemblent, jusqu’au déclic qui résout le problème et fonde la réussite. 

L’erreur peut être grave, mais ce n’est pas obligé. Vous pouvez la regarder comme une porte qui se ferme car elle éclaire un chemin qui peut être long. 

L’erreur est la manifestation du mouvement et de la vie ; elle est la preuve que vous avez fait quelque chose. L’erreur fait de vous des humbles écoliers, curieux et conquérants.

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Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Aussi l’excellence n’est-elle pas un acte mais une habitude.

Aristote