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Entreprendre

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Ça ne tourne vraiment pas rond 10

Journal de bord — il y a 2 années

Temps de lecture: 2 minutes

Osons l'ambition, sans entraves !

La planète des entrepreneurs n'est pas un long fleuve tranquille.

Je vis depuis, quelques temps, dans cet écosystème pour bâtir un projet qui a de la grandeur ; mais, une question me taraude inlassablement depuis plusieurs semaines : la France encourage-t-elle la grandeur ? Violente cette question, mais elle mérite d'être posée. 

Comme beaucoup d'entre nous, j'ai entendu si souvent les débats économiques avec des paroles d'entrepreneurs que je croyais caricaturales ; mais désormais, la nuance est venue atténuer la sévérité de mon jugement. Comme beaucoup d'entre vous, je me suis parfois dit "jamais contents", "toujours plus" et cætera. Depuis, mon opinion a changé et je comprends de mieux en mieux cette colère à température variable. Je saisis, non sans une certaine électricité, que les entreprises plus ou moins grandes se sentent éreintées par la falaise de charges fiscales et sociales qui grèvent les bénéfices aux dépens des salaires, des investissements, des recrutements et de la philanthropie. 

Il semble véritablement que la société soit coupée en deux : d'un côté, un État insatiable qui cherche la moindre occasion de se nourrir au passage, de l'autre côté des entreprises qui ont une ambition plus ou moins grande et des bénéfices s'inscrivant dans un registre entre gris clair et gris foncé.
Outre les variations fiscales, l'État arrache d'une main et redistribue de l'autre, mais elle le fait souvent en boitant ; les technocrates à la manœuvre méconnaissent l'entreprise et construisent des lois théoriquement bonnes, mais finalement assez absurdes à l'épreuve du réel. 
Par exemple, le CICE, dans sa version originelle, est largement à l'avantage des grands groupes qui se pâment de bonheur devant un tel mécanisme. Il s'agit souvent de millions offerts à des entreprises qui n'en ont pas besoin, qui restructurent pour gagner des points de marge et consolider leurs résultats au plus grand bonheur des actionnaires, tandis que les entreprises plus modestes se débattent pour se tailler une part du lion. 
Les jeunes entreprises, a fortiori celles à l'état embryonnaire, doivent quant à elles maintenir la tête hors de l'eau. La tâche est difficile car c'est un exercice funambulesque de se projeter dans son développement et donc dans son avenir quand chaque euro gagné ou à peine, doit passer dans le tamis de l'État. Il ponctionne sa part au passage, sans se préoccuper de l'équilibre financier de l'entreprise. Le bénéfice devient alors un luxe, le recrutement une chance, les investissements un risque et la philanthropie une folie.

Alors, comment construire de la grandeur dans ces conditions ? Comment viser haut quand l'État vous brise les jambes alors que vous apprenez à marcher ? Il est triste de le dire mais l'État organise un écosystème qui vous apprend à reculer. Le coût de chaque décision est susceptible de vous faire vaciller ; toute décision est alors un risque, avec l'État en embuscade, prêt à saper tous vos espoirs, pourvu qu'il s'engraisse au passage pour redistribuer dans une parfaite imperfection ; aussi, la somme des tentatives actuelles donne certes le tourbillon, mais elle ne libère pas assez les peurs mentales. 

Alors j'appelle de mes vœux un Ministère de l'Économie du Réel qui comprenne que seule une agrégation de solutions pensées à l'aune du pragmatisme économique sauront convaincre les entrepreneurs d'oser la grandeur. Devenons une nation plus intelligente, plus ambitieuse, moins gourmande dans son désir de prédation du capital pour encourager la grandeur et laisser derrière nous cette image de peuple timoré et embourbé dans des concepts idéologiques alors que le monde rugit. 

René CHAR disait "il faut trembler pour grandir", alors tremblons !

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Proverbe japonais