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Contrat social - Monde - Démocratie - Économie

contrat social : le monde #10

Twist ending

Édito — il y a 8 mois

Temps de lecture: 3 minutes

"L’humain transforme les choses, mais l’œuvre a besoin de temps." Cynthia Fleury

Aurons-nous un twist ending mondial ? 

Nous sommes au milieu du gué, les peurs font trembler les démocraties par-delà le monde. La cible : le capitalisme. Le sytème menace de rompre si un nouveau modèle ne donne pas de l’espoir à ceux qui n’en n’ont plus. L’équation sera plurielle et, au confluent de la politique et de l’économie, il y a les hommes, l’humain et les citoyens. L’enjeu sera kantien : faire sortir l’homme de la minorité dont il est lui-même responsable. Le défi sera de transformer les citoyens en irremplaçables, pour changer le destin commun en quelque chose de mieux, de mieux vivable et surtout de plus humaniste.

1

Révolution démocratique 

"Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés." La Fontaine 

Cette phrase résume assez bien l’état des démocraties dans le monde. Pas un pays où la quiétude est exemplaire. Les pays sont tourmentés par des menaces multiples qui vont de la guerre, au terrorisme, en passant par la famine, la pauvreté, le climat, les migrations, jusqu’au capitalisme mortifère qui devient la verrue des démocraties, tant les peuples n’en supportent plus les injustices. 

Depuis trop longtemps, la colère est silencieuse. Aujourd’hui, le murmure est devenu un frémissement, qui lui-même est devenu un grondement, qui menace lui-même de devenir une éruption volcanique. En 2019, les démocraties montrent leurs limites et la nécessité d’en repenser les contours pour les déprendre de leur impuissance dangereuse qui menace les équilibres mondiaux. 

Les identités sont diffractées : les pays ont peine à incarner un dessein qui rassemble et donne de la respiration aux souffrances des peuples et les peuples ne savent plus dans quoi se projeter pour exister. Les mutations du monde aiguisent les vulnérabilités des systèmes politiques mondiaux et encore plus celles des individus. 

La politique doit sortir de sa dimension plébéienne pour repenser le monde à la bonne hauteur. il s’agit de construire une nouvelle éthique de la mondialisation, avec lucidité et courage, pour faire face avec les bonnes réponses aux mutations du monde qui vient. Les classes politiques doivent cesser d’instrumentaliser les peurs pour anoblir la dimension représentative de la démocratie et lui redonner une incarnation citoyenne qui dépasse les réflexes d’un système élitiste qui promeut la reproduction des élites, créant ainsi une frontière sociale dissonante. L’enjeu est d’unir plutôt que de désunir. Le défi est de mettre un terme à l’incapacité générale de penser le monde pour repenser le rôle des états et des citoyens, mais sans démagogie aucune. 

Le temps est venu de réparer les démocraties et d’inventer une intelligence institutionnelle qui célèbre le commun plutôt que l’individu. Il faut méditer le concept de paideia pour réussir à élever l’individu vers une culture qui le rende capable d’exercer sa fonction de citoyen et d’acquérir les vertus. L’éducation, jusqu’à la culture, ont de fait une place fondamentale à jouer dans l’individuation des peuples. 

Le projet mondial doit être de donner de nouveaux repères dans le respect d’un cadre global et local. Il s’agit de créer des marqueurs communs, tout en respectant les particularismes nationaux. Cela exige par ailleurs de lutter contre le simplisme intellectuel qui consiste à faire le récit des défaillances systémiques avec des raccourcis qui insultent l’intelligence collective, en voulant nier le réel de la complexité du monde actuel et à venir. 

Le monde s’organise à nouveau autour de blocs. Ce ne sont plus les frontières de la guerre froide, mais de nouvelles recomposées à l’aune de la révolution technologique. La nouvelle guerre est digitale. Le leadership mondial se redistribue à l’aune de l’influence technologique. Les nouvelles règles du jeu mondial se dessinent au gré des avancées technologiques et du curseur de l’éthique privilégié par les nouveaux maîtres du monde. 

Et, la France est en reste, car l’Europe est en reste. Il y a donc urgence à réinventer l’Europe pour ne pas être relayés au rang de spectateur passif. 

2

Révolution économique 

L’invention d’un nouveau capitalisme économique basé sur la multitude qui démultiplie la marge financière, en ayant recours à un nombre minimum de travailleurs, (re)dessine les frontières du capitalisme qui mute en capitalisme sauvage avec des règles qui s’inventent sous nos yeux. 

Cette nouvelle donne recrée une néo-lutte des classes articulée autour de l’aristocratie historique aux côtés de laquelle prospère désormais une nouvelle aristocratie technologique qui met au défi le reste du monde, incluant le monde traditionnel, ce monde brick & mortar qui peine à comprendre ce nouveau monde avec ces nouvelles règles qui émergent rapidement, sans crier gare, et donnent naissance à de nouveaux rapports de force qui menacent leur vie au quotidien. Cette industrie-là est profondément déstabilisée et pour le plus grand nombre échoue à se transformer. Cette déstabilisation est devenue une peur diffuse qui vulnérabilise les salariés qui sentent le danger arriver, sans comprendre les tenants et les aboutissants de ce saut quantique.

Nous en sommes-là, face à cette société malade qui s’illustre par une fabrication sociale de la souffrance psychique qui ne peut plus perdurer. Les liens se défont, les société deviennent égoïstes, les peurs encouragent le repli et la tech. donne l’illusion d’une proximité en trompe-l’oeil. Les gens sont seuls et le monde devient métallique. Il laisse un goût de cendres qui révolte des millions de travailleurs qui ne cessent de dénoncer une perte de progrès et une privatisation du bonheur par quelques-uns. 

Cette décomposition lente du commun polarise la colère contre ceux qui bénéficient d’une vie meilleure et plus riche, aux dépens des premières victimes de la mondialisation qui a célébré la financiarisation de l’économie, sans penser à l’ordre social, sans pensée morale, entrainant ainsi un rythme effréné de délocalisations qui ont marquées une vague importante de désinsdustrialisation des pays riches vers des pays plus pauvres, à l’exception de quelques-uns. 

La sédimentation des conséquences sociales atteint actuellement son point d’orgue ; la révolution technologique crispe les travailleurs qui ne cessent d’entendre ici et là que les robots vont pirater l’humain. De plus, cette guerre qui n’a pas toujours de visage laisse apparaitre des nouvelles menaces focalisées sur l’utilisation des données telles que la cybersécurité qui peut rayer assez facilement une entreprise de la carte ou la manipulation des règles démocratiques, jusqu’au jeu électoral.

Ainsi, une question se pose : l’économie peut-elle hacker les démocraties ? 

Devons-nous attendre tranquillement la réponse ou nous mettre au travail pour changer la donne et inventer un nouveau contrat social mondial pour construire un modèle capitaliste basé sur un humanisme économique ? 

Ce combat est certes noble, mais il demande surtout le courage de tous. Celui des politiques bien-sûr, celui des entreprises, celui des travailleurs et celui des consommateurs. Il va falloir résoudre les antagonismes qui empêchent le système de devenir vertueux ; cela demandera de faire des choix qui coûteront à tous, mais l’enjeu sera de privilégier tel coût immédiat vs tel coût futur. Les conflits d’intérêts seront au centre et exigeront la plus grande cohérence de tous. Le monde n’est pas manichéen mais penser et agir mieux, faire de meilleurs choix, est à notre portée. 

Réussir induit également de cesser de résister au changement du monde pour entrer enfin dans la danse et tenter d’influencer le cours de la musique plutôt que de fermer les yeux et subir le rythme et la mélodie.

Se débattre avec le désordre, telle est notre mission collective et mondiale. Chacun doit identifier et être selon son utile propre comme dirait Spinoza. Chacun doit créer du sens pour entraîner une révolution systémique qui passera par la réinvention des démocraties et la révolution du travail pour modifier en substance le système capitaliste dont la plasticité donne aussi bien de l’espoir qu’elle demande du courage. Nous devons convoquer notre capacité d’imagination pour oser changer ce que nous n’aimons pas dans le monde. Notre salut viendra de la fin de notre découragement. 

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Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Aussi l’excellence n’est-elle pas un acte mais une habitude.

Aristote