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Care - Gestion de crise - Stress - Management - Gouvernance -

Care

Stress de principe ?

Édito — il y a 1 année

Temps de lecture: 3 minutes

Parce que le stress n'est pas une fatalité.

Etrange cette fierté pour justifier le stress qui semble régner dans les rangs de la majorité, de l’Assemblée Nationale jusqu’aux ministères. Oui, l’actualité est chargée et l’heure est grave ; mais, curieux tout de même d’évoquer ce nécessaire haut niveau de stress pour accomplir la mission de transformation du pays. 

Comme si, tout travail de qualité ne pouvait se départir d’un stress chronique et durable. 

Comme si, cette pression du quotidien orageuse et frustrante témoignait du sérieux de l’équipe à assumer les responsabilités confiées pour assurer le redressement du pays. 

Mieux humain

Étrange de se satisfaire de ce travers, qui est loin d’être exemplaire et envoie le message d’une intention, presque non coupable, d’installer ce climat de tension critique pour preuve d’engagement. Or, c’est oublier qu’il y a d’autres manières de faire, mieux humaines, plus efficaces et durables. 

C’est par exemple bafouer l’engagement des personnes qui ont abandonné une carrière privée pour offrir leur engagement au pays afin d'en réparer les dysfonctionnements puis peut-être, sans doute, repartir dans le privé. 

C’est ignorer le personnel de jonction ; celui qui est présent de gouvernement en gouvernement pour assurer la continuité, faire lien, gagner du temps parce que l’histoire compte. 

C’est négliger le simple fait que tout changement crée un stress ; c’est donc sous-estimer la tension engendrée par l’apprentissage d’un nouveau métier, la découverte de nouveaux points de repère et le temps d’adaptation nécessaire pour appréhender les codes utiles.

C’est par ailleurs manquer de reconnaissance envers des personnes qui se sont jetées au coeur de cette mission avec confiance et responsabilité.  

C’est également opposer ceux qui aiment travailler sous pression et les autres ; et en même temps, qui s’engage en politique aujourd’hui avec la naïveté de penser que le métier sera paisible ?  

Travailler mieux

Le plus étonnant est de ne pas analyser l’impact de la quantité de travail sur la qualité de travail, de l’efficacité de l’organisation sur la qualité de travail, de la clarté de la communication sur la qualité de travail, de la qualité empêchée sur la qualité de travail, de conflits éthiques sur la qualité de travail et de la peur sur la qualité de travail. 

Le sujet est donc de comprendre comment travailler beaucoup, mais mieux si le "moins, mais mieux" n’est pas une option envisageable. 

L’enjeu devient alors de simplifier la complexité, de réguler la culture de l’urgence, de repenser les modes de travail pour canaliser, sinon juguler la pression structurelle au métier de politique. 

L’évidence est de refuser d’accepter simplement ce schéma de travail au prétexte que le changement est vital et exigeant, car la transformation se pilote. 

Et, conduire le changement n’est pas engager de manière participative des personnes pour les transformer ensuite en exécutants dociles et muets, à peine d’exclusion.  

Agir contre le stress

La responsabilité de ceux qui dirigent est donc de mener une guerre sans merci au stress aigu et encore plus au stress chronique. Il s’agit de reconnaître que le stress n’est pas le meilleur ami d’une santé de fer. Il s’agit de faire preuve de lucidité sur les stresseurs racines et d’accepter de travailler pour comprendre et prévenir la survenance du stress sans taxer les stressés de faibles, râleurs ou désengagés hors sol. Il s’agit de travailler sur l’esprit et le corps du stress et en même temps d’accompagner une meilleure gestion du stress par le biais de l’émotion, d'un autre rapport au temps ou d’une gestion frontale du problème selon la nature des problématiques en question. 

Il faut donc accepter de se questionner avec humilité, changer d’angle, épouser et écouter le point de vue de l’autre pour accepter de changer de pratiques au nom du bien-être collectif, mais également au nom de la qualité du travail. 

Il faut encore apporter un soutien protéiforme : émotionnel, d’estime, matériel et informatif, sans jugement de valeurs. 

Il me semble que tout citoyen ou client n’exige pas juste l’exécution formelle d’un travail mais, au contraire, la bonne exécution d’un travail avec intelligence, implication et engagement. 

Transformer mieux 

Personne ne veut changer le pays au prix de la maltraitance physique et/ou psychologique des acteurs de ce changement. 

L’Etat doit montrer l’exemple à travers ses pratiques pour impulser un mouvement de fond, même quand l’actualité est tendue, conflictuelle et tordue car l’Etat est le premier role model de la société. 

Donc, oui, il est étrange d’entendre l’Etat expliquer que le stress, c’est bien, normal et nécessaire car la réalité l’impose. L’excuse n’est pas au niveau d’une équipe qui parle de transformation, de protection et de bienveillance.  

Alors, je dis "peut mieux faire !"

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