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Gouvernance - Décision - Management - Entreprise - Leadership

Gouvernance

Relier les mondes

Édito — il y a 4 mois

Faut-il que la vie soit en jeu pour prendre les bonnes décisions et accepter la part de danger inhérente à l’agir ?

1

L’enjeu 

Récemment, mon agenda s’est retrouvé intercalé entre deux mondes au service de la vie : d’un côté, les médecins ; de l’autre, les militaires. 

Écouter ces corps de métier oblige à l’humilité. Chacun d’entre eux racontent des choix et des dilemmes qui très souvent impliquent un arbitrage entre la vie et la mort. Et, la fragilité de ces choix racontent la vie dans ce qu’elle a d’essentiel : comment travailler, honorer ses engagements, vivre le mieux possible, sans souffrance, sans blessure et avec la puissance de la résilience si nécessaire ?

Ces hommes et ces femmes d’honneur provoquent un recul inévitable. 

Que faisons-nous dans nos entreprises ? Quelle est la criticité de nos choix ? Combien d’entre nous ont la vie entre leurs mains ? Il y a à l’évidence très peu d’élus. Alors, pourquoi est-ce si difficile de diriger, de gouverner, de gérer les choses simples et parfois complexes de l’entreprise ? Pourquoi diable faisons-nous comme si la vie était en jeu ? 

Cette question mérite d’être posée car tout de suite, elle relativise le danger d’une décision d’affaires. Cette absence de danger de mort mérite d’être offerte à notre attention pour nous donner du courage. 

Nos équipes méritent de travailler dans une entreprise qui comprend la gravité réelle d’une décision et agit en conséquence. 

Je pose souvent la question : où est passé notre courage à faire l’entreprise, au bénéfice du bien commun ? 

2

La peur 

La peur est un spectre fantomatique qui habite un grand nombre de dirigeants. Ils tentent de le cacher, vivent comme des surhommes, mais craignent et tremblent comme des hommes. 

Tout le monde espère être infaillible, mais personne ne l’est. Il s’agit de douter avec intelligence, de se tromper parfois, en cherchant à chaque fois à réussir ses erreurs, et surtout de regarder simplement le réel dans sa dimension froide et tranchante, mais souvent subtile et nuancée. Le pire n’est jamais tout à fait comme nous l’imaginons et le meilleur est souvent surprenant. 

Nous devons regarder la réalité en face, avec ses risques, pour accepter le réel et créer la carte mentale qui facilitera la maîtrise factice de la situation. Comment gérer le réel avec ses incertitudes et la volatilité de l’équilibre ? 

Accepter la brutalité des faits, sans délais, permet de gagner en agilité pour agir avec un regard juste, pondéré, approprié et synchronisé avec le réel. Faire cela, pour s’ouvrir véritablement au monde, celui qui régit la vie de l’entreprise dans sa complexité. 

Le monde va trop vite et les attentes sont multiples. Tout le monde veut plus : plus de sens, de sécurité, d’adrénaline, d’autonomie, de responsabilité, de perspectives, de joie. Beaucoup d’entre nous désirent ardemment passer au travers des risques, en nous mettant à l’abri des remous du réel.  

3

L’action 

Agir suppose de faire face à tout, le bon comme le meilleur. Nous devons voir quand le diagnostic vital est engagé et, en même temps, nous sentir heureux quand les responsabilités sont assumées et exécutées en dépit de certaines souffrances. 

Agir en apprenant est un pilier essentiel de la gouvernance de tous les métiers. Agir, c’est parfois observer, analyser, attendre et voir, anticiper, entrer dans la mêlée ; c’est choisir le mouvement tactique nécessaire pour naviguer dans les torrents. 

Agir, c’est refuser la tétanie pour rester ancré dans l’instant et piloter le réel. C’est retenir la précipitation qui influence vers les mauvais choix, au risque d’exposer l’équilibre de tous. 

Gouverner, c’est se sentir relier aux autres ; c’est agir de manière conséquente avec le souci de produire du sens pour assumer les décisions, jusqu’aux conséquences. 

Un dirigeant n’est pas un soldat dont la mort accomplit la destinée. Un dirigeant ne verse pas de sang ; il ne tient qu’à lui de rester debout, grâce au sens produit. Mais gouverner, c’est aussi souffrir, s’ouvrir et offrir.

Nicole Degbo 

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