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Coronavirus - COVID19 - Gestion de crise - Peur - Ego - Déni - Humilité - Confiance - Mental -

Gestion de crise

Leadership utile (pour temps difficile)

Édito — il y a 4 mois

"Il faut savoir être fort, il faut savoir être humble, ne pas avoir peur, ne pas être dans le déni."

Ces mots de Sébastien Bazin, PDG du Groupe Accor, résument parfaitement la dynamique qui caractérise la gestion de crise.

Personne n’aime faire face à une crise car il y a toujours des pertes, même lorsque les choses sont bien maîtrisées. C’est la raison pour laquelle, la crise, surtout lorsqu’elle est soudaine, inédite et brutale, provoque une peur panique. 

Pendant l’espace d’un instant, la tentation du repli domine, comme un mouvement de protection ; comme si l’évènement pouvait disparaître et le calme réapparaître.

Mais, il faut être fort pour penser avec recul, de manière rationnelle et avec humilité pour définir un plan efficace et coordonner les pertes minimums. Pour faire cela, il faut bien entendu évaluer toutes les hypothèses, la pire, comme la meilleure, et toutes les options intermédiaires. Il faut dialoguer, convoquer le contradictoire pour éviter les angles morts qui sont de réelles menaces. 

Ce type de contexte est passionnant car il catalyse les caractères ; il montre l’épaisseur à nu des individus ; c’est une épreuve de leadership qui libère l’esprit de tous les freins invoqués habituellement pour ne pas faire ce qu’il y a à faire. Certains se révèlent incroyablement inspirants tandis que d’autres sont au contraire ô combien décevants. 

Dans tous les cas de figure, l’ego est vulnérable car la maîtrise d’une situation volatile oblige à un certain lâcher-prise. Il faut abandonner les postures viriles artificielles, la force impuissante et le désir inadapté de domination pour penser avec justesse la situation. 

Un des défis majeurs est de combattre le déni ; il faut admettre la réalité pour faire face au réel ; il faut assumer ses responsabilités pour mener une analyse prospective et proactive pour être pertinent dans les arbitrages et les décisions. 

Résister au déni permet de gagner du temps et en matière de gestion de crise, le temps est rare et cher. Il faut savoir en faire un bon usage pour ne pas le perdre ; mais cela ne signifie pas "foncer à tête baisser", cela ne signifie pas "agir sans temporiser", cela ne signifie pas non plus "attendre et voir". Le défi est de trouver le bon curseur entre ces nuances car la gestion de crise est un cocktail de plusieurs ingrédients dont la patience ; cette maîtrise du temps est un atout maître pour rester concentré, optimiser l’écoute active, prendre conseil, favoriser un dialogue abrasif, sans éviter les sujets qui fâchent. 

C’est le moment où il faut abandonner les croyances et les rites statutaires pour offrir une latitude d’action aux plus solides, aux plus agiles, aux plus valeureux, aux plus créatifs car le temps est manquant pour caresser les ego dans le sens du poil. Mais, il ne s’agit pas non plus d’humilier les gens, ceux qui montrent leur vulnérabilité et manquent de courage. C’est juste un moment où ce qui compte est de réfléchir pour agir au mieux en fonction des circonstances. 

L’enjeu est également de penser au jour d’après ; il faut manager le présent tout en croyant à l’avenir ; et c’est ce double tempo, ce double tango, qu’il faut réussir à partager avec les équipes pour qu’elles gardent confiance dans la capacité de l’entreprise à traverser la crise, en un seul morceau. 

En psychologie, on parle de croissance post-traumatique ; c’est l’art de sortir grandi d’une crise. Voila tout le défi d’une gestion de crise. Ce ne sont pas de grandes espérances ; c’est l’idée de croire dans le génie de ses ressources. 

S’agissant de la crise du coronavirus, il nous faut comprendre que les impacts ne seront pas les mêmes pour tous ; si nous restons sur le terrain des entreprises, la taille fera une différence, la trésorerie sera cruciale pour gérer le facteur temps, la nature du secteur d’activité sera également fondamentale car il y a celles qui sont légalement empêchées, celles qui sont techniquement entravées, mais presque toutes seront économiquement affectées. Sans oublier l’intelligence, l’agilité, le leadership et l’imagination des dirigeants qui feront aussi une très grande différence. Cette crise montrera que l’argent est essentiel, mais qu’il ne fera pas tout. Ceux qui raisonneront de manière linéaire, en pensant que l’après ne sera qu’une question financière se trompent et analysent sans doute mal la déflagration du COVID-19 sur les affaires du monde. Le monde économique va pivoter, n’en déplaisent aux esprits conservateurs qui cherchent toujours les réponses dans les vieux fûts. Nous allons devoir revisiter nos permissions et challenger nos injonctions pour oser aller sur de nouveaux chemins, à l’intersection de l’économie et de l’humain.

La distance de sécurité à avoir avec toutes certitudes dans des moments aussi graves devrait m'amener à nuancer ce propos qui peut apparaître arrogant, mais il n'en est rien. Trop de personnes, des entreprises, des salariés et des citoyens, invitent depuis trop longtemps à une régulation raisonnable du capitalisme. Après une crise de cette violence, nous ne pouvons tout simplement pas reconstruire avec les mêmes paradigmes. Nous devons oser rêver pour bâtir une maison pragmatique et poétique dans sa considération pour l'homme et l'environnement. C'est un message et une prière, une aspiration à un changement global, économique et social ; bref, j'appelle de mes voeux une transformation ontologique, avant que de tout perdre.

 

Nicole Degbo 

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Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps.

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