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Contrat social

La pression du contrat social

Édito — il y a 1 semaine

Quel travail post-covid ?

Les débats sur le télétravail cachent d’autres sujets plus importants ; on parle de la manière de travailler au lieu de parler du travail, et plus globalement du contrat social qui lie l’entreprise avec ses salariés. 

Seulement, dans le cadre de la crise sanitaire, la santé des salariés est devenue prioritaire ; ceux-ci ont eu le temps de réfléchir, pas tous certes, mais beaucoup ont fait le bilan et ont décidé que cela doit rester comme cela. Depuis, certains cèdent à la pulsion d’un nouveau départ et plaquent tout sans plan ; d’autres font le bilan ; et d’autres posent leurs conditions. 

Les entreprises essaient de gérer cela comme d’habitude, avec des négociations collectives, mais est-ce la bonne méthode ? Trois sujets sont au cœur des attentes : le sens, l’équilibre et le développement.  

Beaucoup ont entendu parler du bore-out (ennui) et depuis peu du brown-out (manque de sens). Ces deux maux sont les deux faces d’une même pièce qui influence l’engagement au travail. Comment se sentir impliqué quand l’émulation fait défaut ? Comment supporter son quotidien quand remplir son contrat de travail demande un véritable effort ? 

Il n’est pas rare d’échanger avec des salariés qui ont abdiqué et abandonné l’idée de se sentir utiles au travail. Plusieurs comportements sont alors observés : le présentéisme, le travail minimum, la démotivation, l’absentéisme, les arrêts maladie à répétition ou le départ. 

Mais avant le départ, la charge mentale est très élevée car même lorsque le travailleur se met en réserve, au bord du chemin, il est en souffrance car son travail ne lui donne plus satisfaction et il doit composer avec cela, jour après jour. 

La crise a changé la donne ; beaucoup de salariés disent stop et veulent plus car ils considèrent que le compte n’y est pas. 

Les salariés sont en attente de mieux ; ils veulent notamment un nouvel équilibre dans leur vie. C’est ainsi que dans le secteur de l’hôtellerie - restauration, près de 100 000 salariés manquent à l’appel. 

Sacrifier sa vie pour son entreprise ne va manifestement plus de soi ; le télétravail a ouvert une brèche en montrant qu’une autre manière de faire est possible. Dans certains cas, cette souplesse de fonctionnement permet de déculpabiliser un parent qui souffrait de son absence auprès de sa famille. Dans d’autres cas, la distance managériale a permis de mettre le holà à une pente glissante de démotivation rampante ou de restructurer l’allocation d’attention du quotidien. Cela ne signifie pas que tout est résolu, mais certains ont le sentiment d’avoir un peu repris le contrôle de leur quotidien au travail et ne veulent plus y renoncer. 

Enfin, la mission même du travail revient au cœur de la conversation, à savoir le développement. 

Au-delà de sa mission alimentaire, le travail peut représenter une carrière ou une vocation et c’est tant mieux. Mais, dans ces trois circonstances, le travail doit faire grandir. 

C’est ainsi que renouer avec cette attente vis-à-vis du travail pose l’attention sur la qualité des réalisations. 

Quelle est la valeur de mes missions ? Quelles sont les ressources que je mobilise ? Quelles sont celles qui s’atrophient à force de ne pas être sollicitées ? Cette séquence a donc également permis de faire le bilan sur les ressources cognitives et lorsque le solde est négatif, le problème devient l’éléphant visible dans la pièce. 

Aussi, un grand nombre de salariés comprennent de plus en plus que la question de l’employabilité et du potentiel va être clef au cours des prochaines années et que leur responsabilité vis-à-vis d’eux-mêmes est clairement d’être acteurs de leur développement. Tout le monde ne va pas devenir du jour au lendemain un travailleur du savoir, mais tout le monde devrait avoir le devoir de développer ses connaissances. 

Cette sortie de crise montre un désir d’alignement et d’équilibre dans la relation entreprise - salarié. Bien-sûr que les syndicats ont leur place autour de la table, mais avant, il faut initier un débat ouvert et libre pour comprendre où mettre le curseur de manière satisfaisante pour que l’entreprise continue d’exister, sans se diffracter en cédant aux rapports de force mortifères. 

Au lieu de bientôt renvoyer les uns et les autres dos à dos, essayons d’avoir un dialogue face à face. 

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Nicole Degbo

Article publié dans Les Echos, à lire ici.

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La seule chose qui soit pire que de perdre la vue, c'est de ne pas avoir de vision.

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