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Gestion de crise

Déprime ou dépression ?

Édito — il y a 3 semaines

C’est officiel, quelque chose ne va pas.

Il y a la structurelle défiance des français face à la vie et à l’avenir ; il y a la manière dont nous avons choisi de raconter la pandémie et maintenant le ton du déconfinement.

Nous avons su mobiliser quelques-unes de nos forces pour célébrer l’engagement de l’élite de base. Nous avons applaudi, offert de la nourriture, donné du temps. Nous avons montré que nous sommes une Nation qui a du cœur. 

Nous avons fait corps autour du personnel médical car nous avions peur qu’il craque. Nous le savions fragile et nous étions conscients qu’il avait besoin de reconnaissance. 

Des entreprises se sont montrées exemplaires et les dirigeants ont reçu la lumière qu’ils méritaient. 

Le positif s’arrête là. Nous entendons un râle sonore et incessant qui prend du poids. Personne ne semble content et d’aucuns cherchent à tout prix des coupables de tout. 

Pendant ce temps, les dirigeants sont face à un nœud gordien. Ils entendent le besoin de refonder le contrat social, mais ils sont confrontés au réel et se doivent d’être pragmatiques pour préserver la durabilité de l’entreprise. 

Ils se battent, consultent leurs pairs, les syndicats (patronat et salariés) et les politiques. Pendant ce temps, beaucoup de salariés ont la tête ailleurs. Ceux qui vont travailler voient les rues qui reprennent des couleurs tandis que les bureaux restent assez silencieux et désespérément vides. 

Bien-sûr, il y a le télétravail et il faut avoir confiance. Mais, le teint hâlé des uns et des autres raconte quelque chose. 

L’heure est grave ; mais, elle ne semble tragique que pour certains. Comme si, un grand nombre de salariés voulaient tirer le confinement jusqu’aux congés d’été, pour revenir à la réalité en septembre. 

Seulement, nous devons comprendre que la rentrée sera brutale ; septembre sera le temps de l’exécution des décisions post-covid ; le glas va sonner et le réel va inévitablement se rappeler à notre bon souvenir. 

Ce sera un détonateur comme pour réveiller le pays de sa torpeur actuelle. 

Aujourd’hui, les entreprises sont en réanimation après un coma artificiel. Demain, elles seront en convalescence si elles arrivent à trouver le chemin de la résilience pour tenir, résister et retrouver le chemin de la croissance. 

Les entreprises et les salariés doivent faire un pacte, une union sacrée. Les uns doivent cesser de s’opposer aux autres ou d’en donner le sentiment. Il nous faudra tous privilégier la coopération et le consensus autour de l’idée que les intérêts sont communs et partagés, en dépit de la casse sociale à venir. 

Notre pays devra être cohérent. Les salariés et les syndicats ne pourront pas agiter la menace de la responsabilité pénale des dirigeants, sans en accepter les conséquences ; le résultat est un besoin d’agir de manière efficace et agile contrarié par la peur de la judiciarisation du travail post-covid. 

Cette impossible accélération crée un état d’urgence au ralenti dont la crue exponentielle du chômage et des dépôts de bilan ne seront que des symptômes. 

Le 16 mars dernier, Emmanuel Macron, a dit : « Nous sommes en guerre. » C’était une guerre sanitaire, sans bombe. Maintenant, nous sommes en guerre, mais sur le front socio-économique.

Notre présent va être particulièrement douloureux et cela va durer facilement près de 18 mois. 

Aussi, plutôt que de traquer le cygne noir, nous ferions mieux de chercher au loin la fumée blanche car elle seule nous donnera la force de nous relever pour nous sauver et surtout rebâtir notre contrat social.

Notre pays va devoir (ré)apprendre les rudiments de la confiance, de l’optimisme et de la bienveillance ; dans la rudesse des mois à venir, nous allons avoir besoin de douceur entre nous, dans les débats, dans les entreprises, dans nos foyers. Nous allons devoir faire preuve d’auto-compassion collective pour construire des digues et faire barrage à la discorde mortifère que nous voyons poindre à l’horizon.

Chômage partiel ou licenciement ? Emploi ou austérité salariale ? Travailler plus ou perdre son travail ? Ce sont les dispositifs habituels et connus. N’y-a-t-il pas d’autres voies ? 

L’excellence de la gouvernance sera un point d’appui important, mais ce ne sera pas suffisant. Il va falloir inventer durablement une gouvernance de crise pour braver les quatre vents et passer de l’autre côté de la côte. 

Chaque secteur demande au gouvernement un plan de sauvetage ; au total pas moins de 500 milliards d’euros (directs et indirects) ont été débloqués par le gouvernement pour soutenir l’économie et les salariés ; pendant ce temps, la dette des entreprises françaises s’approche des 2.000 milliards d’euros ; la crise de la COVID-19 promet de détruire environ 1.000 000 d’emplois ; selon l’OCDE, le PIB français va connaître une chute de plus de 11% en 2020.

Nous devons regarder ces chiffres avec humilité et responsabilité car ce sont les chiffres de la terreur si les parties prenantes s’épuisent en luttes stériles, au lieu d’agir rapidement et de concert pour protéger les entreprises et les salariés. 

Tenons-nous le pour dit : « ce quoi qu’il en coûte » qui se voulait rassurant, va nous coûter très cher.

La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix. Choisir, cela ne veut pas dire forcément éliminer ceci ou cela, mais réduire ici et parfois augmenter ; en d'autres termes, fixer des rangs de priorité.

Pierre Mendes France