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Changement - Impact - Sens - Jeunes diplômés - Salariés - Entreprises - Dirigeants - Transformation - Innovation - Gouvernance - Bureaucratie -

Changement 8/10

Dealers d'impact 8

Édito — il y a 3 semaines

Le changement est permanent, sans pitié.

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Sens non négociable 

La crise sanitaire a catalysé les attentes relatives au travail et a vu émerger ce que nous pouvons appeler une « génération impact ». Les jeunes diplômés et même les élus choisis pour prononcer  les discours d’ouverture lors de ces mêmes remises de diplômes ne cessent de parler de changement, d’urgence, d’impact. Nous assistons à des déclarations de renoncement à participer à détruire la planète ; le système est à bout de souffle et confine à un absurde sublime. 

Un nombre grandissant de salariés ou d’aspirants à la vie active déclarent leur flamme pour une ambition nouvelle articulée autour d’un sens fondamental ; fini les bullshit jobs ! Il y a un refus bruyant et manifeste de continuer à nourrir un système qui broie les existences. Et les paradoxes s’affrontent : entre le désir d’avoir une vie confortable et celui de s’épanouir intellectuellement, les choix ne se sont pas sans difficulté.

Avant, le carriérisme était presque linéaire ; il s’agissait d’occuper une fonction prestigieuse socialement, d’exceller autant que possible pour devenir manager et gagner rapidement beaucoup d’argent grâce à un mécanisme de variable qui permettait très vite d’adopter les signes extérieurs de richesse, en commençant par l’accession à la propriété ; ce système était, par ailleurs, une sorte de garantie à une retraite confortable, en passant naturellement au gré de l’ascension sociale par les clauses de parachute doré et les retraites chapeaux. La nouvelle génération dit non à tout cela. Elle signifie son refus, au nom d’un sentiment d’urgence à vivre autrement pour non seulement sauver leur vie, mais également la planète. 

Cette génération est en demande d’impact, d’égalité et de sens. Elle veut passer son temps à bâtir des choses concrètes et utiles plutôt que de perdre son temps en réunion aussi interminables qu’improductives. Aussi, elle se donne le droit de refuser des opportunités, des salaires élevés, et osent se poser en moralisateurs, en oubliant parfois que le changement consiste aussi à lutter contre le système, de l’intérieur, plutôt que de le fuir et de le honnir.

2

Devoir d’impact 

Voilà donc les entreprises au banc des accusés. 

Elles sont pointées du doigt pour leur manque de courage, de créativité et de passion ; mais surtout chacun se demande pourquoi les organisations échouent à changer les règles du jeu par l’innovation. Pourquoi, l’innovation vient-elle des outsiders ? Pourquoi les stratégies de M&A ne sont souvent pas la solution au manque de vision stratégique ?

Au vu des hurlements, les dirigeants doivent faire face et satisfaire le devoir d’impact auquel les entreprises sont désormais assignées, à peine de subir la sanction des consommateurs, des activistes et des candidats qui tournent dorénavant, et de plus en plus, le dos aux organisations jugée non-vertueuses. 

C’est un appel au courage à libérer l’énergie des collaborateurs pour trouver le chemin original qui permettra de résoudre les problèmes du monde à leur portée. 

C’est la fin du temps de l’obéissance ; pendant de nombreuses années, la bureaucratie a semblé réguler le fonctionnement des organisations, en assurant par ailleurs un niveau satisfaisant de productivité. Aujourd’hui, elle est un problème significatif ; elle est l’empêcheur de tourner en rond qui bloque le partage du pouvoir nécessaire pour capitaliser sur l’énergie créatrice des salariés afin de se confronter avec optimisme aux défis des mutations d’un monde dont les changements vont de plus en plus vite. 

Les dirigeants doivent changer en profondeur les modèles organisationnels et cesser de retourner l’exigence de rigueur contre l’agilité. Les entreprises doivent apprendre à utiliser mieux les expertises et les connaissances des équipes, en sortant des dogmes habituels en matière de compétences ; les plus qualifiés ne sont pas nécessairement les plus diplômés ; les plus créatifs ne sont pas nécessairement les plus diplômés ; les plus agiles ne sont pas nécessairement les plus diplômés ; tout cela est une question d’état d’esprit et de potentiel, par-delà les diplômes. Il s’agit donc de sortir du carcan idéologique qui décourage la prise d’initiative au lieu de l’encourager. Il faut en finir avec les pratiques formelles et informelles managériales qui portent en leur sein une forme de mépris social et annihilent le potentiel collectif.

Les dirigeants doivent cesser de réfréner la créativité pour embrasser l’audace dont nous avons collectivement besoin pour faire évoluer le système en quelque chose de mieux, avant que l’effondrement ne soit total. Bref, les entreprises doivent devenir des dealers d’impact.

 

Nicole Degbo

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La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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