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Travail - Salarié - Salariat - Management - Free-lance - Engagement -

Engagement

"Au fil et à mesure"

Édito — il y a 2 semaines

Comment produire du sens ensemble, dans ce monde qui vient ?

Le salariat pose question ; pas un mois sans articles qui témoignent de la condition des salariés et du devenir de ce statut. 

On parle de plus en plus des free-lances ; on nous dit que la courbe grimpe. 

Mais on parle aussi du malaise grandissant des managers ; on parle des injonctions paradoxales, de la perte et de la quête de sens ; on parle de l’autonomie désirée de toutes les parties prenantes et la liste des envies est longue. 

Toutefois, ces sujets mis bout à bout pose une autre question : comment réussir la cohabitation des deux mondes ? On a l’impression qu’ils s’éloignent et se rapprochent et vice versa. 

Qu’en est-il vraiment ? J’entends souvent des entrepreneurs et même des managers parler de leur désaffection grandissante pour le management. Avant, c’était un graal, l’expression d’une réussite sociale, un parcours obligé ; aujourd’hui, pour beaucoup, c’est un fardeau car il y a trop de bruits, trop de désirs, trop de droits et pas assez de devoirs, non pas au sens de la loi, mais de l’attitude. 

Les dirigeants ont du mal à diriger l’entreprise dans un contexte complexe et tendu qui implique de naviguer dans le brouillard, tout en maîtrisant les chemins possibles. Les dirigeants disent peu "je ne sais pas" ; "je suis perdu" ; mais, ils sont nombreux à l’être en réalité ; le temps des certitudes est révolu. Dans ces conditions, il est facile de déléguer la pression de l’inconnu à la ligne managériale de proximité ; et c’est ainsi qu’une chaîne de délégation du stress de l’inconnu fait dérailler la chaîne de responsabilité. 

Les frontières sont poreuses et floues et de plus en plus de choses reposent sur les uns et sur les autres, mais sur qui exactement ? On dit souvent que le mouvement des free-lances est initié par des salariés fatigués de l’absurdité du système et surtout de la souffrance qu’il produit. Et si le ras-le-bol des managers et des entrepreneurs accélérait la cadence ; et si cette désaffection qui grandit lentement, mais sûrement, depuis trop longtemps, diffractait de manière irréversible le désir de travailler les uns avec les autres, dans le cadre d’un lien de subordination ? 

Et si pour que l’empathie fonctionne tout le monde devait vivre la tension de la relation partenariale ou commerciale ? Et si chacun devait vivre le poids de l’attente d’une signature, de la fragilité d’un engagement, de la longueur des délais de paiement, de la frugalité des moyens alloués à l’exécution pour se sentir à nouveau engagé ; et s’il fallait cela pour reconsidérer avec plus d’attention et de bienveillance le confort du salariat ? 

Tout le monde devrait se poser la question, questionner ses propres pratiques, interroger sa doxa du travail, car le système actuel est en souffrance, à bout de souffle er tout le monde se renvoie la "balle". 

J’ai récemment croisé un entrepreneur fantastique ; un artiste doué qui fait des sacs magnifiques ; un artiste digne des plus grands. Il avait un atelier modeste et produisait des sacs sur-mesure en prenant le temps. Ses œuvres se méritaient et puis patatras, il vient d’arrêter car épuisé par le management de salariés toujours fatigués, en dépit de leur très bonnes conditions de travail. Le bilan est presque décourageant : peu d’initiatives, peu d’idées, beaucoup de doléances et surtout beaucoup d’attentes sur le dos du dirigeant avec par ailleurs l’illusion d’être eux-mêmes l’artiste. 

Des histoire comme celles-ci, j’en ai plein mon sac et je suis sûre que vous aussi. Il ne s’agit pas de dire que tous les salariés sont injustes et ingrats et que les dirigeants sont tous géniaux ; mais, il s’agit de mesurer l’impact de cette fatigue générale d’un système qui s’autodétruit malgré tout le confort qu’il offre sur le fond. 

Faut-il attendre le déluge pour se souvenir de la chance du salariat ? La sécurité, le confort des congés, jusqu’aux RTT, l’assurance d’une protection sociale, le salaire programmé de manière mécanique - sauf accident -, les moyens d’avoir le temps de ne pas décider ; cette liste n’est pas exhaustive, mais elle n’est pas sans ironie.

Aussi, je suggère à chacun de prendre ses responsabilités "avant que de tout perdre". Nous sommes en train de tirer le fil d’un édifice qui s’effondre au fur et à mesure ou plutôt devrais-je dire au fil et à mesure ?

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