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Travail

Paradoxes essentiels

Publications — il y a 1 mois

"Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités." Albert Camus

Les débats sont encore polarisés sur l’ordre du travail redéfini par le télétravail alors que nous sommes, en réalité, à un point de bascule. Sur différents sujets, chaque citoyen actif doit choisir son camp idéologique et en assumer les conséquences. 

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Éduqués ou diplômés ?

Elon Musk aime à dire "Don’t confuse schooling with education. I didn’t go to Harvard but the people that work for me did." De plus, dans sa pratique de recrutement, il ne regarde pas les diplômes universitaires, ni les CV. À la place, il cherche des personnes faisant preuve de “qualités exceptionnelles, qui sortent de l’ordinaire”.

Que nous raconte cette approche ? Sans doute qu’il est temps de nous confronter au schisme culturel qui nous fait croire que nous sommes un pays élitiste alors que seulement 20%* de la population a un diplôme supérieur à Bac + 2 et que seuls 23%* des citoyens actifs ou non détiennent au mieux un certificat d’études primaires (CEP).

Notre récit en matière d’éducation a donc du plomb dans l’aile ou alors il explique pour quelles raisons la France est dirigée par une caste tournante de diplômés issus des écoles de niveau A. Nous pouvons continuer de faire comme si tout allait bien ou interroger notre système et la place mythologique du diplôme pour mettre au centre le seul sujet qui en vaille véritablement la peine : l’éducation. 

Être éduqué signifie avoir des connaissances fiables et une certaine compréhension de l’environnement qui nous entoure. C’est tellement vrai que cette histoire de diplôme a ignoré, pendant de longues années durant, la question de l’intelligence et notamment du quotient intellectuel, voire du quotient émotionnel ; nos préoccupations ont aussi fait l’impasse sur la question des intelligences multiples pour nous concentrer exclusivement sur la question de la diplomation et de la ségrégation sociale y relative. Nous commençons à peine à découvrir l’univers de la douance ; savons-nous quelle est la part de diplômés parmi eux ? La question est importante car elle nous montrerait combien nous sommes absurdes à ériger ce bout de papier comme juge de paix, laissant ainsi des millions de gens penser que leur valeur intellectuelle et par capillarité sociale est inintéressante. C’est sans doute une des raisons pour laquelle la carrière est un impensé chez beaucoup de gens, de même que l’idée d’apprendre tout au long de la vie. 

L’heure est donc venue de promouvoir l’éducation dans son ensemble, et en particulier dans sa diversité, en donnant les moyens aux gens d’avoir un diplôme, mais en permettant aussi à ceux qui n’en ont pas d’exister et de se donner la permission de se développer tout au long de la vie. C’est cette aptitude à l’évolution permanente qui définit un individu au bout d’un certain temps ; c’est bien elle qui lui permettra de questionner intelligemment ses choix pour oser se réinventer, à chaque fois que nécessaire, jusqu’à vivre sa passion. 

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Passionnés ou disciplinés ?

Parler de passion au travail est une énigme pour beaucoup de gens, à l’exception de ceux qui ont choisi un métier-passion, une vocation. Ce n’est pas donné à tout le monde, mais ce n’est interdit à personne. Ceux qui sont animés par une idée fixe depuis toujours et qui se battent sans relâche pour concrétiser leurs aspirations arrivent à associer le travail à la notion de plaisir, sans toutefois le détacher du mot labeur. 

C’est une chance, mais c’est surtout un choix, une détermination, une quête même : avoir le goût de quelque chose, la curiosité pour en explorer les possibilités, l’envie d’en faire un métier et le courage de faire les sacrifices nécessaires. 

D’aucuns diront qu’un bon environnement social aide plus facilement à se projeter en nourrissant des rêves ; oui et non ; le manque de tout peut nourrir également l’univers onirique pour précisément s’échapper et donner l’envie féroce de ne pas reproduire le même schéma social que celui de ses parents. C’est par exemple le cas de Misty Copeland, désormais danseuse étoile à l’American Theatre Ballet, qui a travaillé de toutes ses forces, en manquant du minimum vital, pour  refuser le déterminisme de sa condition et s’élever. 

Mais trouver sa vocation peut être également un cheminement paisible et séquencé. Les choses ne sont pas obligées d’être instinctives, tripales, pour être valables. La vie peut vous ouvrir tranquillement le chemin de ce qui est fait pour vous, à condition de rester attentif à tous les signaux faibles que vous recevez. 

Vous pouvez également explorer vos possibilités seul ou accompagné d’un professionnel. 

Cette idée de la vocation tranche avec la rébellion tendance contre le travail. Il y a une nouvelle littérature qui aime à faire du « travail bashing » et qui fustige l’ambition, le dévouement et même le plaisir, en y voyant plutôt une forme d’aliénation. 

Cette nouvelle culture anti-travail et anti-ambition est d’ailleurs souvent relayée par Welcome to The Jungle. C’est une opinion exprimée notamment par la génération des millenials pour qui, le travail, a perdu trop de sens. Pourquoi en aurait-il ? Ils ont vu leurs parents sacrifier beaucoup de leur vie au nom du travail, pour un résultat discutable. Ils voient le développement de tous les maux du travail, à commencer par les dépressions pour causes multiples, et se demandent à quoi bon ? À ce non-sens viennent s’ajouter le stress du chômage, de la précarisation et de la crise climatique. Pourtant, précisément parce que la société va mal, il y a différentes causes dans lesquelles s’engager avec passion pour changer le monde. 

Et cela vaut mieux que jouer le jeu du travail avec une discipline tranquille qui vous invite à vous insérer dans un métier confortable, à saisir au gré du temps, les opportunités qui se présentent à vous, et à bâtir ainsi un confort factice, sans jamais vous demander si vous en êtes satisfait, sinon heureux. 

Sauf que la question de l’utilité va devenir un fondamental donc avoir une carrière tranquille qui vous met à l’abri du besoin et vous fait vous sentir en sécurité, sans jamais questionner la réalité de votre utilité est un leurre qui vous endort tranquillement et vous conduit vers un dangereux abîme : celui de la passivité normée. 

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Acteurs ou passifs ?

La passivité normée consiste à s’enfermer dans ses diktats socio-culturels, puis socio-professionnels, bons ou mauvais, sans jamais interroger le sens d’une trajectoire. 

C’est commettre l’erreur de se laisser bercer ou diminuer par le récit implicite de votre scénario de vie : gagnant, perdant ou non-gagnant. 

C’est saisir le premier job possible et s’en contenter, sans demander plus, non par principe, mais parce vous mésestimez votre valeur.

C’est de ne pas oser quitter un travail qui ne vous épanouit pas, ne vous apprend pas, au prétexte qu’il vous apporte la sécurité dont vous avez besoin. C’est penser qu’il faut attendre et voir car il n’y a rien d’extraordinaire d’autre à faire. 

C’est encore ne pas se connaître soi-même et passer à côté de son employabilité, sans mesurer à quel point elle sera essentielle à votre utilité. 

C’est lâcher-prise sur l’exigence alors qu’il faut, au contraire, nourrir une tension d’apprentissage pour être prêt à mener bataille dans cette inévitable guerre des intelligences qui se structure sous nos yeux. 

C’est trouver courageux d’être anti-système, sans avoir les moyens de sa politique. 

Être acteur demande du travail, de la discipline, de la curiosité et de l’humilité pour questionner sans cesse son chemin, prendre également, de temps à autre, des chemins de traverse pour découvrir quelque chose de soi, mais surtout apprendre. 

Apprendre tout au long de sa vie est le nouveau paradigme auquel chacun devrait se faire à l’idée et cela implique de ne plus se montrer complaisant avec ce qui est médiocre, peu exigeant et surtout non-apprenant. 

Combien de gens piétinent leur ambition, en sachant pertinemment qu’ils sont en train de gâcher leurs capacités professionnelles ? Combien se trouvent des excuses, en accusant leur manager incompétent, peu courageux ou maladroit de leur sentiment d’impasse ? Combien font ce qu’ils devraient pour expérimenter leurs idées, concrétiser leurs projets, prendre les risques raisonnables et nécessaires pour inviter le changement dans leur vie ? Combien de gens parlent de leurs désirs au lieu de les réaliser ? Combien de gens épuisent la littérature du changement, sans jamais aller au-devant de celui-ci ? 

Être acteur, c’est décider d’investir en soi et adopter le principe des regrets minimums cher à Jeff Bezos. Et, il s’agit de ne pas oublier cette phrase de Michelle Obama qui exprime l’idée forte selon laquelle "l’échec est un sentiment bien avant d’être une réalité. C’est le fruit de la combinaison entre la vulnérabilité et le manque de confiance en soi, qu’aggrave ensuite, souvent délibérément, la peur."

La vie n’est pas un chemin linéaire, mais il y a des paradoxes essentiels qu’il est bon de résoudre, sans détour. 

* source INSEE

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La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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