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L'usine verte

Publications — il y a 4 mois

Comment changer l’équation énergétique de l’industrie française ?

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Rêver pour innover  

Réinventer l’industrie, c’est possible. Il suffit de regarder du côté des Etats-Unis et notamment d’entrepreneurs tels qu’Elon Musk qui, avec Space X, fabrique des fusées made in USA ; idem pour la première gigafactory et Tesla, sans parler de Solar City et bientôt d’Hyperloop et de la connectivité à grande échelle via les satellites envoyés dans l’espace. Rien qu’avec ces entreprises, Elon Musk entend réaliser une révolution énergétique, en même temps qu’une rupture industrielle dans les domaines spatial, automobile, solaire, du transport et d’internet.

Au grand dam des acteurs traditionnels, il a une vision et n’hésite pas explorer et expérimenter des hypothèses multiples pour trouver sa voie, tout en avançant. Son but est de réinventer les modèles connus, en challengeant au passage les normes établies et protégées par des entreprises qui ne peuvent pas tout construire à partir de zéro.

Innover de manière révolutionnaire, dans tous les domaines, jusque dans l’industrie, suppose de bousculer des leaders solidement installés qui s’appuient sur un cadre règlementaire et administratif fait pour eux et qui se persuadent, avec le temps, que rien ne peut changer en profondeur. 

C’est dans ce contexte que le rôle de l’imagination est fondamental pour repousser les frontières mentales et défier l’impossible. Changer de regard est indispensable pour redéfinir les bases d’un modèle de production et suppose du courage pour bousculer, sans se laisser intimider, les parties prenantes, notamment institutionnelles. De plus, pour éviter le piège de la bureaucratie et du gaspillage, il faut savoir considérer la valeur du temps et de l’argent. 

Investir son propre argent, prendre tous les risques, conduit indéniablement à diriger autrement. L’engagement n’est pas le même ; un des salariés de Tesla dira : ❛En fin de compte, c’est Elon le patron. Il a mis là-dedans son sang, sa sueur et ses larmes. Il a pris plus de risques que n’importe qui.❜

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Penser rupture 

Entreprendre et s’exposer, au risque de tout perdre, change la vision des choses et amène singulièrement à considérer les économies d’échelle. Le budget et l’utilité des choses sont sans cesse questionnés pour supprimer le superflu et résister à l’âpreté du travail et à la tension inévitable du temps qui menace très souvent et pendant très longtemps la vie de l’entreprise. Quand on entreprend, la mort rode pendant un long moment. Aujourd’hui, et de plus en plus, la menace de la disruption entraîne une intranquilité permanente des entreprises de l’ère du "brick & mortar". Le poids de l’expérience et la richesse des savoir-faire ne protègent plus de rien. Le danger est réel et protéiforme. Il est bien-sûr technologique, mais pas seulement. 

Les dirigeants du monde d’hier doivent apprendre à côtoyer avec plus de générosité leur écosystème et au-delà, pour aller au contact d’entrepreneurs, mais également de personnes  atypiques qui pensent différent et seraient en capacité d’accélérer l’innovation de leur entreprise de manière inattendue. 

Comprendre et connaître l’entreprise est un autre atout. Combien de dirigeants côtoient régulièrement, et de manière non accidentelle, les postes frontières de leur entreprise ? Combien sortent de leur bureau pour s’immerger véritablement dans l’opérationnel ? Sans cela, comment combattre avec intelligence et justesse les règles qui empêchent le progrès ? 

La réflexion stratégique est vitale ; c’est elle qui va guider les choix et favoriser les meilleures réponses aux questions : à quel point peut-on abaisser les coûts ? Qu’est-ce qui est possible et intéressant, en dehors de toute délocalisation ?

C’est bien cette réflexion qui peut faciliter l’implantation des usines au cœur de la ville. 

Il s’agit de trouver de quelle manière une agrégation de savoir-faire de haut niveau peut réussir à changer les règles du jeu. 

Comment créer des technologies durables ? Comment réaliser des progrès significatifs pour changer l’économie de l’industrie ? Nous sommes passés d’un débat sur la masse salariale à un débat sur la souveraineté où les nouvelles technologies sont un enjeu crucial. En effet, la souveraineté technologique oblige à réduire les dépendances toxiques dans des domaines tels que le cloud, les microprocesseurs, l’imagerie médicale, l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et des activités régalienne (militaire, santé, etc.).

La crise sanitaire montre que nous devons imaginer une autre conception de l’industrie et que celle-ci devra également être basée sur la maîtrise d’expertises technologiques très pointues pour simplifier et réduire les coûts de la chaîne de production, de même que la pénibilité du travail.

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Travailler avec talent 

L’innovation de rupture implique d’assumer d’avoir des collaborateurs particulièrement talentueux. Le diplôme peut avoir son importance, mais les soft skills comptent énormément. 

Idéalement, surtout quand le travail est assuré d’être ardu, la passion est nécessaire pour nourrir la persévérance et l’intensité de l’engagement. De plus, l’entreprise sera plus forte si elle arrive à bâtir un écosystème qui favorise le mélange des compétences, le mix des expertises, le partage d’expérience et bien entendu le travail d’équipe. 

Pour ériger de nouveaux modèles, vous n’êtes pas obligés d’être des entrepreneurs au sens strict du terme, mais vous devez être animé d’un esprit d’entreprendre ; vous devez avoir des bâtisseurs dans l’équipe qui ont le sens du défi, une grande rigueur intellectuelle et une polyvalence qui ne cesse de se renouveler. 

La mission des équipes doit avoir suffisamment de sens pour les inspirer et leur donner envie non seulement de se dépasser, mais d’apprendre en permanence sur ce qu’elles sont capables de faire, au nom d’une ambition commune. 

Et cela passe par le refus de transiger avec l’excellence, une ténacité intraitable à résoudre les problèmes et la concrétisation de la complémentarité homme-machine. 

La digitalisation du travail va inévitablement réduire le nombre d’emplois, mais elle peut créer de nombreux métiers hautement qualifiés dans tous les domaines : informatique, quantique, data, marketing, management, cyber-attaque, etc. 

L’entreprise a par ailleurs intérêt à construire une organisation qui rejette les silos et cultive la culture de l’échec en intégrant le principe d’échouer vite pour essayer rapidement une nouvelle approche. La réussite de l’échec passe par le triptyque analyser | comprendre | résoudre et participe de toute aventure tournée vers l’innovation. Innover sans échouer est un leurre.

C’est donc une équation industrielle, technologique et humaine qui peut créer une équation énergétique suffisamment optimisée pour réindustrialiser massivement la France. Et, au cœur de cette équation réside le génie et l’audace.

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La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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L'occasion est au bord du sentier.

Vladimir Jankélévitch