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Société

L'éloge de la confiance

Publications — il y a 4 semaines

Comment rebâtir la confiance ?

1

Le crack de confiance 

Nous vivons une crise majeure de la confiance ; partout dans le monde, les citoyens doutent, ont peur. Un des principaux sujets de préoccupation touche au travail, aux conséquences de l’intelligence artificielle sur l’emploi. 

Ce qui est étrange est que la confiance n’est pas liée au niveau de développement d’un pays ; elle est un enjeu culturel, structurel ; elle est influencée par le sentiment de réassurance que donnent ou pas les pouvoirs publics. Elle est modelée par les informations communiquées par les médias. Et, il faut dire qu’en France, la confiance dans la politique et les médias est particulièrement ébranlée ; nous sommes aux bords du populisme qui a déjà frappé certains pays car les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer. 

Les citoyens montrent une inquiétude face à ce monde qui vient car beaucoup sentent qu’il avance sans eux. Le paradoxe est que nous ne sommes pas censés être impuissants, mais que nous pouvons l’être si nous restons figés à cause de la peur, de l’incertitude et de la tâche immense qui est devant nous. 

Cette diffraction mondiale de la confiance a un impact sur l’économie ; elle peut provoquer une autre crise mondiale. En effet, la confiance nourrit la consommation qui entretient la dynamique économique à travers les investissements des entreprises, mais pas seulement. Une entreprise portée par la confiance du collectif se transforme mieux, plus facilement et plus rapidement ; de même, des salariés en pleine confiance investissent véritablement leur pouvoir capacitaire pour exister, participer et devenir. Et cette confiance est un cercle vertueux qui produit non seulement du bien-être, mais permet à chacun de croire avec lucidité, mais tout de même, dans la possibilité de dépasser les frontières des déterminismes socio-culturels. 

Aussi, une société en défaut de confiance est une société qui se manque à elle-même ; c’est une société qui risque de passer à côté de son potentiel de croissance ; mais c’est aussi une société qui doit supporter une perte d’agilité et en définitive une perte de chance pour tous. Il n’est pas faux de dire que les premiers sur la ligne sont les plus fragiles. 

Un sursaut national est urgent car si les citoyens attendent une amélioration de la situation économique, ils ne semblent pas avoir conscience de l’interdépendance d’un grand nombre de sujets dont par exemple ceux de l’économie et de la confiance.

2

Les mutations du travail 

"La confiance, c’est le problème de l’autre" comme dirait Emmanuel Levinas, mais en fait, elle est notre problème car nous en subissons tous les conséquences. 

Le travail est un sujet central du retour à la confiance car il représente un élément de sécurité financière du quotidien : 60%* des français sont préoccupés par la sécurité de l’emploi. Cette inquiétude est globale car elle touche même désormais les actifs les plus qualifiés et les plus aisés. Le diplôme ne sera plus un rempart contre le chômage et le statut ne sera pas un bouclier suffisant pour échapper à la disruption du travail par les robots. 

Les robots sont au cœur de la tension : 55%* des français se disent inquiets des effets de la technologie sur l’emploi. Cela met en exergue une vérité d’évidence : la compétence ne sera pas une donnée suffisante pour protéger le travail. La compétence n’est déjà plus qu’une commodité qui matérialise un savoir, voire un savoir-faire ; ce qui va faire la différence est la création de valeur du savoir et la singularité du savoir-faire ; ce qui sera clef, c’est la capacité d’un individu à faire des choses que le robot ne saura pas maîtriser de manière suffisante au regard des normes établies. 

Mais étrangement, seuls 25%* des français sont préoccupés par l’accès à la formation, mais surtout seuls 22%* d’entre nous semblent avoir conscientiser que la formation sera essentielle pour garder son emploi dans un contexte où le travail se digitalise de plus en plus vite. À l’évidence, cela montre le dangereux décalage qui existe entre les peurs des citoyens et la compréhension des leviers pour agir. 

Les citoyens attendent beaucoup des pouvoirs publics et de leur entreprise, mais une trop grande majorité d’entre nous n’a pas encore compris que l’employabilité comptera parmi nos défis monumentaux pour éviter le cataclysme social qui n’est pas une promesse, mais une menace certaine. 

Dans ce contexte, la formation sera un levier essentiel de lutte contre les inégalités ; cependant, il s’agira de réinventer le principe même de la formation qui devra conserver son rôle de transmission des savoirs, mais qui devra également apprendre aux individus à réinvestir leur autonomie pour être acteur de leur développement, sans attendre l’action de l’État ou même de leur entreprise. Ils devront être les gardiens de leur intérêt supérieur ; ils seront les garants de leur propre employabilité et devront être les premiers défenseurs des luttes contre les inégalités en apprenant à croire davantage dans leur pouvoir à dépasser les déterminismes socio-culturels.

Pierre Bourdieu a certes théorisé le concept de déterminisme social, mais nous sommes un des pays dans le monde à y accorder le plus d’importance. Il ne s’agit pas d’en nier les effets, mais d’apprendre à les dépasser et c’est d’abord et avant tout un défi mental qui doit être ensuite soutenu par la représentation sociale, soit l’émergence de role model. 

L’avenir promet de nombreux défis et il va sans dire que chacun devra prendre sa part pour se donner les meilleures chances de comprendre les nouvelles règles du jeu de ce monde à venir bâti sur de nouveaux paradigmes. 

3

Les responsabilités partagées 

Ainsi, nous serons tous responsables. Les individus, les entreprises et l’État auront un rôle à jouer pour restaurer et protéger la confiance. 

L’État et les entreprises devront participer à un effort pédagogique sans précédent pour éveiller la conscience des salariés et leur faire comprendre les nouveaux enjeux de l’employabilité. Les individus doivent comprendre sans délai que la réactualisation des compétences tout au long de la vie professionnelle n’est plus seulement un conseil, mais un devoir. La cohabitation grandissante des salariés avec les robots va entraîner un besoin considérable de requalification. 

375* millions de personnes auront besoin d’être formées dans le monde dont 5,6* millions de personnes en France qui devront changer d’activité, soit 19%* des emplois. 

Nous allons au devant d’une nouvelle guerre des talents basée sur une pénurie de compétences et une évolution des métiers sans précédent. 

L’urgence est déjà là et les entreprises ont un rôle majeur à jouer ; elles doivent inévitablement repenser leur modèle de croissance et ce faisant, elle doivent redéfinir les fondamentaux de leur modèle managérial. Elles vont devoir assumer un rôle social inédit en structurant une philosophie managériale apprenante pour aguerrir les salariés à évoluer dans un monde qui sera gourmand de leur autonomie. Elles vont devoir également innover en matière de formation pour assurer une réelle mobilité des compétences et sortir de la tradition française des carrières d’étiquette. Un grand nombre de nos rigidités françaises sont obsolètes et nous mettent dorénavant en danger. Nous devons orienter notre énergie vers d’autres combats, ceux qui pourront assurer notre pérennité dans de bonnes conditions. 

Il y a plusieurs modèles d’entreprises libérantes possibles, mais il est certain que cette notion sera centrale pour favoriser la confiance des salariés. Nous pouvons regarder du côté de la Maïf qui depuis presque 5 ans, se réinvente avec discipline et humilité pour devenir une entreprise exemplaire qui assume par ailleurs son rôle social et politique dans la cité. Cette entreprise construit une nouvelle mutuelle sur la combinatoire d’un triptyque : confiance, bienveillance, collectif. Et, les résultats montrent que les salariés grandissent grâce à cette nouvelle équation ; ils sont mieux responsabilisés, plus acteurs et à l’initiative avec confiance dans l’avenir. 

Nous pouvons aussi nous nourrir du fonctionnement des pompiers ou des forces spéciales dont le métier induit structurellement le facteur confiance au cœur du collectif car la vie est régulièrement en jeu. 

Ces modèles montrent que la confiance ne fonctionne qu’avec les principes de discipline mutuelle et d’exigence circulaire pour que la mission soit un succès.

Ce changement ontologique est une révolution inévitable ; c’est une transformation profonde et sociétale que nous devons entreprendre aujourd’hui avant que ce monde qui avance ne nous lègue toute sa froideur métallique et sans appel dans un chaos social et total.    

Nous devons construire une nouvelle équation de la confiance pour évoluer d’un crack de confiance vers un cap de confiance. Nous le devons à nous-mêmes et aux générations futures. Pour cela, chaque corps social de la société doit apprendre à faire l’éloge de la confiance. Sur le plan culturel, c’est contre-intuitif, mais nous avons l’ardente obligation d’essayer. 

 

*données du McKinsey Global Institute

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Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.

Montesquieu