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Gouvernance - Leadership - Politique

Leadership

Le jeu politique

Publications — il y a 1 année

Temps de lecture: 3 minutes

Le jeu politique est une abstraction qui prend beaucoup de place dans le champ spatial, mental, social et décisionnel.

Le jeu politique est un jeu invisible visible, silencieux mais menaçant qui bouscule les lignes de l’entreprise en ce qu’il incarne d’individualisme, de non-exemplarité et de confusion. 

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Individualisme

Lutter pour soi-même, pour son propre pouvoir, son propre statut et ses propres privilèges : voilà, à quoi peut trop souvent se résumer le jeu politique en entreprise. 

Le jeu politique est inscrit dans la nature humaine ; il compte parmi les jeux psychologiques. Il n’est donc pas anormal d’observer une dynamique d’influence à la faveur d'une ou plusieurs personnes. En revanche, ce qui est dommageable, c’est le pouvoir incapacitant de ce type de relations dans certaines organisations. En effet, un grand nombre de salariés affirment que le jeu politique prospère en dehors de toute rationalité jusqu'à supplanter la mission de l'entreprise.

Trop de jeu politique, tue l'entreprise car cela installe un dysfonctionnement structurel. Cette déviance dévoie la question du pouvoir, au bénéfice de quelques uns dévoués à leur ambition personnelle. Ce dessein personnel désert les enjeux opérationnels au profit du jeu d'influence. Ce déséquilibre est malheureux car il polarise l’individu contre le groupe, le pouvoir contre l’intérêt collectif. Il condamne la majorité à assister à une bataille d'ego ; or, personne n’entre dans une entreprise au nom de sa dynamique politique ; c’est d’ailleurs plutôt le contraire. Aujourd’hui, de plus en plus de candidats s’interrogent sur la réalité du jeu politique dans l’entreprise et la place qu’il reste à l’essentiel : grandir et développer les équipes. 

L'excès de jeu politique installe une compétition malsaine et clanique qui vient diffracter l’esprit de coopération et d’initiative. En effet, lorsque la priorité est donnée au pouvoir, qu’importe les idées ; ce qui compte devient l’approbation de celui qui a le pouvoir de blocage. Et alors, un autre cirque de contournement se met en place, tandis que la concurrence extérieure se déploie et ampute les parts de marché de l'entreprise trop occupée à "politicailler" plutôt qu’à travailler.   

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Exemplarité

Cette histoire de politique symbolise par ailleurs quelque chose sur le plan des valeurs. Que murmure une entreprise concentrée sur ses jeux de pouvoir ? Quel message une entreprise transmet-elle à ses équipes lorsqu’elles laissent prospérer une exagération sans limite du politique, au détriment du collectif ? 

À quoi bon célébrer une marque employeur et des valeurs associées si, en réalité, l’entreprise est dévorée par le jeu politique qui, en France, est souvent une histoire de statut : "je vaux ce que je suis, non ce que j’ai réalisé." Cette inclination devient ensuite "je lutte pour ce que je vaux, pour protéger ma valeur statutaire, sans lien avec ma valeur performative." Le faire n’a malheureusement pas toujours de l’importance car l’enjeu est de paraître plutôt que de faire. 

Ainsi, comment motiver des équipes spectatrices de ce mauvais film et leur demander de produire, de faire, d’être performantes quand, régulièrement, au plus haut niveau, on s’amuse à celui qui sera le plus fort, au lieu de se dévouer à rendre l’entreprise plus forte et plus solide ? Comment inscrire la compétition économique à l’agenda quand les mieux lotis s'amusent ? Comment ne pas provoquer une confusion destructrice de valeur économique, sociale et humaine ?

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Confusion

La confusion est un chaos de sens. 

La confusion du jeu politique se drape dans un triptyque : hiérarchie, valeurs, sens. La question de l’exécution d’une mission est parfois, sinon souvent perturbée par des conflits de pouvoir, a fortiori dans les organisations matricielles. À qui dois-je ma loyauté ? Au dirigeant, au manager, au sponsor ou au responsable de projets ? Normalement chacun devrait être aligné. Le cas échéant, la loyauté va au plus influent, c’est-à-dire à celui dont le pouvoir de nuisance peut envoyer le désobéissant dans les catacombes.

Compliqué de défier le pouvoir quand le jeu politique prédomine car alors la sanction ne tarde pas à tomber aux dépens des esprits frondeurs. Diriger dans un écosystème aussi décadent devient un découragement pour les meilleurs qui refusent de se livrer à ce cirque nihiliste pour le collectif.

Comment engager des collaborateurs auxquels on démontre que l’individu et le particularisme l’emportent sur le groupe ? Comment faire partager la moindre cohérence dans un système de commandement et de contrôle qui boite à ce point ?

Le jeu politique est un jeu invisible et en même temps visible, silencieux mais menaçant qui bouscule les lignes de l’entreprise et percute l'essentiel, aux dépens de l'équité et du bon sens. Or, nous sommes à un moment crucial de quête de sens. Aussi, plutôt que de tourner autour du pot, de colmater les souffrances avec des distractions cosmétiques dédiés au bien-être, les entreprises devraient se regarder en face et faire un vrai aggiornamento. 

Alors, posez-vous la question : à quel point le jeu politique détruit-il la valeur de votre entreprise ?

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Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. Aussi l’excellence n’est-elle pas un acte mais une habitude.

Aristote