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travail - mobilité - transports - éducation - transformation - transition professionnelle - robots -

Société

Le droit au travail

Actualités — il y a 1 mois

Notre droit au travail est menacé.

Qui peut croire que la réforme de la retraite va s’inscrire dans le temps ? Nous sommes tellement occupés à résister aux changements qui nous percutent que nous ne pensons pas (ou pas assez) à la pérennité des choses ? 

Que sera le travail dans ne serait-ce que 10 ans ?

Prenons l'exemple de la RATP : s’accrocher à un régime spécial alors que la nature même du travail est en mutation est presque une hérésie. Le fonctionnement sans encombre des métros automatiques que nous sommes bien heureux de trouver en temps de grève tend à laisser penser que ce dispositif va se généraliser, au moins pour les lignes nouvelles. Mais qu’en sera-t-il des anciennes ? Combien de conducteurs de métro compteront parmi les effectifs de la RATP ? Quelle sera la répartition entre opérationnels de terrain et fonctions de bureau (marketing, communication, digital, etc.) ?Quel sera le nouveau rôle des ressources humaines dans un monde où la digitalisation exponentielle n’est même plus discutée ? 

Le vrai sujet est donc de se préoccuper des orientations stratégiques en matière de mobilité pour comprendre quels seront les contours des modes de déplacement de demain. Et qu’en sera-t-il de la SNCF ? 

L’école est également en pleine mutation. Nous aurons toujours besoin d’apprendre des savoirs, mais la complexité de l’apprentissage est en voie de transformation. Internet a démocratisé pour partie la connaissance, mais oblige à renforcer son sens du discernement pour identifier le vrai du faux et gagner en nuance réflexive. De plus en plus de cours ont une dimension globale. Vous pouvez être en Afrique et suivre des cours à Stanford. Le rôle du professeur, de l’enseignant, est en train de changer. Au-delà des savoirs bruts, ils vont devoir accompagner les élèves, puis les étudiants à penser, à développer une pensée profonde, critique, dense, et en même temps complexe pour sortir des discours manichéens inhérents à l’optimisme et/ou au pessimisme qui caractérisent facilement l’âge du devenir.  

L’école devra sans doute apprendre davantage aux nouvelles générations à devenir. Le pivot ne sera pas juste subtil, il sera fondamental. Quels en seront les impacts ? De combien de professionnels de l’éducation aurons-nous besoin ? Quelle sera la répartition entre le public et le privé ? Quelle sera la place des grandes écoles qui ont bercé la dynamique sociale du pays depuis toujours ?  

Nous devons nous le dire : c’est le monde qui change. Le digital changera de manière fondamentale le travail de demain ; d’innombrables études essaient de quantifier le nombre de postes voués à disparaître et la balance est négative, en dépit des fonctions qui vont apparaître. 

Nous devrons chacun être en mobilité permanente pour identifier notre utile car le monde sera si déstabilisé, si différent, si rapide, que personne ne nous prendra par la main pour nous aider à produire du sens au travail. Demain, c’est le monde de la débrouillardise, de la férocité, de l’intelligence ; demain, nous devrons devenir des champions en analyse et en résolution de problèmes. Nous n’aurons pas d’autres choix que d’être agiles. Nous serons sur le ring permanent du travail, dans tous les métiers, dans toutes les professions et ce sera tout simplement inévitable. 

Aussi, notre sujet devrait être de défendre notre droit au travail en lâchant prise sur ce qui est déjà perdu pour participer activement à dessiner un monde en (re)composition sous nos yeux. Quelle place pour l’homme ? Comment l’éthique pourra-t-elle jouer un rôle régulateur ? Quelle sera la place de l’Europe et celle de la France sur l’échiquier technologique, économique et digital ? Saurons-nous sauver notre exception française ? Quel sera notre modèle culturel ? Et notre modèle social ? 

La réforme de la retraite est une distraction. Nous le savons tous, elle ne touchera pas les pré-retraités actuels ou les retraités imminents. Nous entendons par ailleurs ici et là, qu'elle sera sans effet avant 2025. Aussi, que vaut une résistance de fond pour préserver un droit dont nous pouvons supposer qu’il sera à nouveau en chantier dans quelques années, mais en réalité dans un futur proche ? À quoi sert de vouloir conserver un droit dont la calibration actuelle ou en cours sera rendue obsolète par le niveau de digitalisation à venir de la société ? 

Le combat de demain sera celui du travail. Et, de notre capacité à protéger ce droit dépendra le reste. Les robots n’auront pas de retraite et disons que la perspective d’un salaire universel ne peut définitivement pas être le début d’une solution.

Le monde change et nos acquis d’hier disparaissent. Nous avons donc l’ardente obligation de nous adapter et de construire d’autres acquis, mais par dessus tout, nous devons sanctuariser le meilleur du travail, sinon, nous connaîtrons des lendemains qui ne chanteront pas, mais alors pas du tout.

Notre défi est vertigineux, mais nous pouvons réussir si nous acceptons de faire face à notre avenir, sans rester prisonniers du passé.

 

La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne notamment les mutations du travail (valeurs, culture, organisation, management, employabilité, etc.). 

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Je crois qu'il faut être prêt à ne pas être compris si vous voulez innover.

Jeff Bezos