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Transformation

La révolution²

Publications — il y a 5 mois

Et si nous faisions une erreur méthodologique ?

Le travail est troublé ; il est fébrile tant dans le sens qu’il produit que dans ses modalités d’action.

"Le travail est-il vraiment nécessaire ?" est presque la question à se poser tant certains vantent déjà la perspective d’un revenu universel pour compenser la perte de revenus liée à la baisse prédictible du temps de travail.

Les uns s’accrochent à leur travail qui leur offre un statut magistral, les autres se projettent désespérément et sans fin vers la fin du travail pour se libérer d’une activité qui est le terreau d’un grand nombre de tourments.

C’est une part indispensable de leur vie qui leur offre finalement peu de reconnaissance, peu de confort, peu de sens.

C’est une part de leur vie qui leur signifie souvent qu’ils sont manquants : pas assez talentueux, pas assez polyvalent, pas assez politique, pas assez fort, pas assez important, pas assez expérimenté, puis plus assez jeune et finalement pas assez agile. Tout cela, quand le genre et les origines ne sont pas contestés.

Depuis quelques années, le besoin de sens s’expriment à haute voix. Les millenials n’ont pas demandé la permission pour exprimer l’absurde. Ils ont vu leurs aînés tout sacrifier pour une vie professionnelle au profit d'entreprises qui ne sont tenues par aucun devoir de loyauté. Alors voilà, puisqu’il en est ainsi, ils ont choisi leur loyauté ; ils se sont choisis et ils veulent tout : une vie professionnelle épanouissante, équilibrée et porteuse de sens, associée à une vie personnelle offrant du temps de bonheur disponible.

Dans le même temps, le monde s’est transformé ; dans le même temps, le digital a colonisé nos vies, peu à peu, puis de manière insistante et définitive.

C’est un état de fait : la vie sera aussi numérique. Alors, ceux qui se tiennent à distance de cette révolution ont un problème. Ils prennent le risque d’être frappés d’illectronisme ; ce sont les nouveaux illettrés du digital.

Les statistiques foisonnent, mais racontent toutes la même chose : nous ne connaissons pas encore la plupart des métiers à naître demain. Nous allons devoir faire face à une disparition exponentielle d’un grand nombre de fonctions. Bref, le travail humain est en voie de disruption ; il se fera plus rare et donc encore plus précieux. Aussi, ceux qui n’ont pas encore compris et/ou embrasser ce changement quantique ont un problème : ils pourront être rayés de la carte des travailleurs actifs d’un seul trait.

Alors, tout le monde s’affole pour encourager ce pivot nécessaire. Mais surtout, tout le monde parle de formation... numérique. Comme si l’enjeu était réductible au digital. Le croire, c’est oublier que cette science du changement est complexe. C’est oublier que la matière humaine est précisément humaine. On ne programme pas des individus à coup d’algorithmes. Ce serait trop simple.

Ainsi, nous attendons une révolution des comportements. Nous espérons boucler deux révolutions en une. Mais est-ce possible ? Mais surtout, est-ce bien sérieux ?

Toute personne raisonnable sait que le changement prend du temps et ça vaut particulièrement pour les individus.

Le pivot cognitif que nous appelons collectivement de nos vœux passe d’abord par la pédagogie. 1° Expliquer pour donner des clefs de compréhension et de lecture des mutations du travail et des comportements attendus. 2° Développer une ingénierie de formation combinant théorie et pratique pour accélérer l’acquisition concrète des nouveaux savoirs. 3° Offrir un cadre expérimental et/ou de mise en œuvre pour éprouver rapidement les connaissances acquises.

Mais ce n’est pas suffisant. Le système change : les jeux de pouvoir, la communication, l’organisation, les relations, le postural, le décisionnel, etc. ; tout change, tout mute dorénavant en permanence. Alors, nous devons accompagner également l’évolution organique du système.

Les personnes les plus exposées doivent se saisir de leur développement, mais les acteurs du système, ceux qui font le système ne sont pas en reste. Ils sont parties prenantes du système et le comprennent certes, mais ils ne doivent pas se mettre à l'abri de la zone de changement comportemental. Il ne s’agit pas seulement de comprendre la grammaire numérique. Il faut encore ajuster les comportements pour aller vers un modèle plus inclusif, mieux participatif, plus respectueux des écarts générationnels et de la diversité globale. Le dire n’est pas le faire quand on prend le temps d’analyser par exemple tous les manquements systémiques reproduits par les start-up.

Tandis que les uns doivent se former au numérique, les autres doivent apprendre à penser la société humaine autrement avec d’autres paradigmes qui relient l’économie à l’humain.

C’est une révolution globale et cognitive, numérique et humaine qui ne doit pas être unilatérale. Les dirigeants, les acteurs clefs du système doivent apprendre à penser contre eux-mêmes car il est fondamentalement irréaliste de réussir deux révolutions en une portées par les mêmes personnes, celles qui sont de l'autre côté.

Le cognitif associé au numérique n’est pas l’identique du cognitif inhérent à l’humain. Ainsi, chacun sera un acteur clef de ce saut quantique et cognitif. Nous devons tous comprendre l’humilité de ce moment qui n’enlève rien à l’ambition de cette nouvelle ère.

 

La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain.

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Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix. Choisir, cela ne veut pas dire forcément éliminer ceci ou cela, mais réduire ici et parfois augmenter ; en d'autres termes, fixer des rangs de priorité.

Pierre Mendes France