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Transformation

La crise des modèles

Actualités — il y a 4 mois

Cette crise des modèles est réelle et le monde n’attend pas.

Presque toutes les semaines, nous pouvons lire dans la presse que l’Europe a fait telle ou telle tentative pour juguler la puissance des GAFA. 

Nous sommes en 2020, à l’ère post-covid, et le pouvoir est sur le grill. Les démocraties sont fragilisées pour des raisons politiques, économiques, sociales et/ou sanitaires et désormais la technologie est plus que jamais un enjeu de préoccupation majeure et mondiale. 

L’histoire des GAFA est assez emblématique de l’incohérence de l’époque ; les fondateurs de ces entreprises ont mis du temps à trouver le bon modèle, c’est-à-dire la bonne manière de monétiser leurs produits et/ou leurs services. Le point commun est bien évidemment l’utilisation de la plateforme pour créer un modèle économique scalable, répétable, profitable, etc. 

Le succès de cette nouvelle économie semble avoir surpris tout le monde, y compris l’autorité de la concurrence américaine, qui, fusion après fusion, a donné son accord aux uns et aux autres. Ce sont des entreprises qui ont toujours travaillé avec l’administration et/ou le gouvernement américain. Aujourd’hui, les démocrates souhaitent réguler l’ascension des GAFA en définissant de nouvelles limites au rêve américain, au moyen d’une nouvelle loi anti-trust d’une très grande sévérité.   

Il va sans dire que l’Europe est en joie, tant elle espère trouver une parade à la disruption de ses marchés. Jusque-là, il n’y a rien à redire. 

Le problème est que presque tous nos marchés sont touchés par l’imagination globale et planétaire des américains, pour l’essentiel. Ils redéfinissent les règles du jeu grâce à la puissance conférée par le succès qu’ils ont auprès des utilisateurs et/ou des clients. 

Aujourd’hui, les valorisations de ces entreprises se comptent en millards et, des entreprises qui en termes d’effectifs ne peuvent rivaliser avec un grand nombres d’acteurs leaders de l’ancienne économie, imposent leur vision du monde au monde entier, à l’exception de la Chine. 

En France, nous essayons de contourner l’obstacle avec la taxe du numérique dont la responsabilité des négociations est désormais dévolue à l’OCDE ; sur le terrain de la culture, nous essayons d’imposer notre modèle d’exception culturelle française aux plateformes de streaming pour obtenir 25% d’investissement sur la base du chiffre d’affaires réalisés en France ; les médias bataillent ferment pour les droits voisins tout en reconnaissant que près de 40% du flux vient des réseaux sociaux ; la télévision ne sait plus si elle doit faire du contenu pour l’audience ou faire de l’audience avec du contenu ; la radio est à la reconquête de l’oreille dispersée de l’auditeur qui donne de plus en plus son attention aux podcasts ; les banques et les assurances regardent le monde changer, en espérant être protégés par le poids de la régulation ; l’automobile est dans un corps à corps électrique et autonome avec Elon Musk qui mène la danse ; même l’école tente de se digitaliser ; globalement, des pans entiers de nos économies sont touchés, jusqu’à l’Union Européenne qui sait qu’elle ne peut pas rater ce momentum, au risque de voir l’Europe imploser à l’occasion d’une dernière danse. La planète est en état d’urgence et nous parlons jusqu’à la nausée du changement, dans l’inconfort d’une transformation impensée. 

Un de nos problèmes est que nos ministres conviennent qu’il faudrait que nous ayons également des champions du numérique, mais que de telles industries ne pourraient pas émerger en France car le modèle de risque et le niveau des investissements sont trop prohibitifs pour être soutenables entre nos murs. 

Or, à bien analyser le modèle mental des GAFA, il est très probable qu’ils trouveront tôt ou tard, le moyen de contourner nos garde-fous juridiques. 

Aussi, l’heure ne devrait pas être au bouclier règlementaire ; nous devrions nous attacher à oser aller vers eux, sans jugement, ni admiration, avec ouverture et curiosité pour comprendre et adopter leur schéma mental, en y ajoutant notre singularité européenne, avec notamment une branche éthique mieux respectueuse des utilisateurs pour enfin avoir une place à table. 

Mais, pour y arriver, nous devons nous approprier la notion de proposition de valeur ; et clairement, c’est de la stratégie. C’est une réflexion, une itération dans un temps long qui a non seulement de la valeur, mais pose en creux tous les vrais sujets qui sont trop souvent nos angles morts. 

Nous devons accepter le principe qu’une idée ne fait pas une entreprise ; encore faut-il la raconter à travers une expérience, c’est-à-dire, la réponse à un problème donné articulée dans un cycle expérentiel ; puis, le modèle économique doit assurer la rentabilité de l’entreprise ; et cela repose naturellement sur le modèle de distribution et le storytelling de l’entreprise dont l’objectif est non seulement de fidéliser un véritable socle de clients récurrents, mais également de créer une communauté pour animer la puissance de la marque. 

Soyons clairs, faire cela, n’est pas simple. Il faut du talent, de la détermination, de l’ambition, de l’imagination, de la créativité, une obsession véritable pour le client et une grande lucidité sur le réel du monde. 

Faire cela exige de mettre les processus au bon endroit pour mette la simplicité au cœur de la culture de l’entreprise.  

Faire cela implique encore de la patience et une capacité inébranlable à explorer, expérimenter, abandonner, recommencer et rebondir jusqu’à l’étape de sublimation durable. 

Alors, avant la technologie, c’est notre état d’esprit que nous devons reprogrammer pour voir le monde avec sa brutalité endogène, sa vérité destructrice et son génie créatif. Nous devons arrêter ici et maintenant avec notre naïveté drapée dans la bien-pensance qui nous flatte et nourrit nos débats sans fin, mais nous condamne à l’art de perdre et de regarder les trains passés de l’autre côté de l’atlantique, avec de plus en plus d’escales en Chine.

La Cabrik est une fabrik de gouvernance stratégique et humaine qui accompagne les transformations pour relier l'économie à l'humain et est spécialiste des situations de crise de gouvernance.

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L’important, ce n’est pas ce qu’on a fait de nous mais ce qu’on fait nous, de ce qu’on a fait de nous.

Jean-Paul Sartre