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Travail - Motivation - Utilité - Sens -

Care

De la richesse de l'ennui

Publications —il y a 3 années

Temps de lecture:2 minutes

Réinvestir son destin est une chose passionnante à faire.

Le bore-out, un nouveau mot pour incarner un des plus vieux maux du travail : l'ennui. 

Voilà clairement des siècles que certains salariés s'ennuient dans leur quotidien professionnel ; les uns le vivent comme une chance et d'autres comme une souffrance.

Une chance donc ou une aubaine pour ceux, plus contemplatifs, qui ont un rapport disons distancié au travail qui devient alors réductible à sa seule fonction alimentaire ; mais, une souffrance à géométrie variable pour une part non négligeable du régiment des salariés.

Quelques-uns y voient une prison dorée ; ils reconnaissent le caractère peu idéale de la situation, mais valorisent la dimension "sécurité" de cette douleur silencieuse qui grandit telle une gangrène au gré du temps, jusqu'à anesthésier, puis briser l'âme du travailleur qui gît au départ chez chacun d'entre nous.

Les autres verbalisent la souffrance et fustigent la vacuité intellectuelle du néant quotidien. Ils crient famine sans être entendus ; ils s'agitent, espèrent une éphéméride, vocifèrent, puis désespèrent, sans croire tout à fait à ce vide - réversible - qui anéantit méthodiquement toute dynamique apprenante, essence même du travail.

L'entreprise quant à elle s'organise avec ses petites lâchetés pour ne pas gérer le pénible, activer la vaillance et agir ainsi en responsabilité. Mais à quel prix ? Que vaut la vie d'un travailleur ?

Nous pourrions imaginer que mettre les salariés en situation d'ennui est la plupart du temps un acte volontaire, alors qu'il y a une grande inconscience de ce formidable gâchis. L'ennui n'est pas monitoré, il est ignoré car c'est un point aveugle pour l'essentiel des décideurs. 

Mais pourquoi donc mourir d'ennui plutôt que quitter sa fonction ? Parce qu'en dépit de sa dimension mortifère, l'ennui recèle une incroyable énergie créatrice. 

On peut voir dans l'ennui une magnifique opportunité de prendre le temps pour faire le bilan, avant de prendre une grande impulsion pour remonter à la surface et respirer à l'air libre. Cela implique une discipline réflexive qui oblige à se regarder pour arrêter de se raconter des histoires et affronter ses peurs afin de laisser jaillir un rêve possible qui sera une linéarité ou un recommencement, mais offrira assurément l'écrin d'une suite possible, à écrire, à inventer.

Réinvestir son destin est une chose passionnante à faire et l'ennui offre ce temps nécessaire pour réinventer sa vie, peut-être la commencer vraiment d'ailleurs et résoudre les énigmes que beaucoup aiment enterrer avec un inventaire à la Prévert de raisons dont une litanie d'obstacles-prétextes.

Alors, faut-il s'aimer vraiment pour aller au-devant de ses lumières intérieures ou faut-il seulement penser que la vie est trop courte pour la perdre à s'ennuyer, alors qu'en réalité nous pouvons changer les choses ?

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Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

Albert Camus